Un autre Obama ?

Quand, à mi-parcours de son premier mandat, en 1994, Bill Clinton avait perdu sa majorité au Congrès, il avait compris combien la situation pouvait tourner à son avantage. C’était aux Républicains, désormais, de montrer de quoi ils étaient capables. Le Président avait été triomphalement réélu deux ans plus tard. Pour y parvenir, cependant, Clinton avait dû s’adapter, en un mot "changer".

Un autre Obama ?
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Quand, à mi-parcours de son premier mandat, en 1994, Bill Clinton avait perdu sa majorité au Congrès, il avait compris combien la situation pouvait tourner à son avantage. C’était aux Républicains, désormais, de montrer de quoi ils étaient capables. Le Président avait été triomphalement réélu deux ans plus tard. Pour y parvenir, cependant, Clinton avait dû s’adapter, en un mot "changer".

Barack Obama est confronté à un défi similaire. Nul ne doute plus de sa maturité politique, mais d’aucuns suspectent qu’il n’ait pas la souplesse d’un Bill Clinton. Il n’est pas sûr, en outre, que la nouvelle majorité républicaine ait la moindre envie de forger des compromis. Son mot d’ordre était de renverser Nancy Pelosi, speaker de la Chambre et maître d’œuvre des réformes démocrates. Maintenant que c’est chose faite, les Républicains entendent réaliser leur programme et attendent du Président qu’il s’y rallie. John Boehner, le successeur désigné de Mme Pelosi, a été très clair à ce propos mardi soir.

Les Démocrates ont sauvé de justesse leur majorité au Sénat et peuvent grâce à elle empêcher un retour en arrière en bloquant les tentatives d’abroger les lois déjà votées. Mais une paralysie du Parlement empêchera tout autant d’aller de l’avant. Pareil scénario est dramatique en toutes circonstances. Il l’est plus encore lorsque le pays est frappé de plein fouet par une crise économique d’une telle magnitude. Le réveil risque d’être dur pour ceux qui ont porté les Républicains au pinacle.

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