WikiLeaks: Washington dénonce un "crime"

Les fuites de notes diplomatiques américaines orchestrées par WikiLeaks ont provoqué la colère de Washington et continuaient mardi à semer le trouble dans les chancelleries du monde entier.

WikiLeaks: Washington dénonce un "crime"
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Les fuites de notes diplomatiques américaines orchestrées par WikiLeaks ont provoqué la colère de Washington et continuaient mardi à semer le trouble dans les chancelleries du monde entier.

WikiLeaks et ceux qui disséminent ces informations "sont des criminels", a dénoncé lundi Robert Gibbs, porte-parole de la présidence américaine, jugeant que ces fuites constituent "de graves violations de la loi et une menace grave pour ceux qui mènent et aident notre politique étrangère".

De son côté, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a évoqué une "attaque contre la communauté internationale".

La Chine mise en cause pour ses relations avec l'Iran a espéré mardi que les fuites de WikiLeaks "ne perturberaient pas les relations sino-américaines" et que Washington allait "gérer correctement" ce dossier, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei.

Certains des câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks mettent en cause la Chine, notamment son implication dans le transfert d'éléments de missiles nord-coréens à l'Iran qui auraient transité par son territoire.

Un télégramme datant de 2007 ajoute que ces livraisons contreviennent aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Iran et sur la Corée du Nord, ainsi qu'aux règles que la Chine s'est elle-même fixées en matière de contrôle des exportations sensibles.

Un autre télégramme relate les propos du vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Chun Yung-Woo, qui aurait dit notamment que les dirigeants chinois ne considèrent plus la Corée du Nord "comme un allié utile ou fiable". La Chine, selon M. Chun, considère que le régime nord-coréen "s'est déjà effondré économiquement" et allait "s'effondrer politiquement" deux ou trois ans après la mort de son leader, Kim Jong-Il, selon ce câble.

L'Iran a appelé pour sa part mardi les pays voisins à "ne pas tomber dans le piège" des révélations de WikiLeaks, qui visent à "semer le discorde" au sein du monde musulman, selon le ministère iranien des Affaires étrangères.

Ces dépêches diplomatiques américaines confidentielles publiées par WikiLeaks s'inscrivent dans le cadre d'un "complot douteux" des Etats-Unis, a affirmé le porte-parole du ministère, Ramin Mehmanparast.

"Les ennemis du monde islamique continuent à semer l'Iranophobie et la discorde", a-t-il estimé. "Mais leur projet ne vise qu'à protéger les intérêts du régime sioniste et de ses partisans, et les pays de la région ne doivent pas tomber dans ce piège".

Les documents, récupérés par WikiLeaks et publiés par plusieurs grands médias, ont jeté une lumière crue sur les coulisses de la diplomatie américaine. On y apprend pêle-mêle que le roi Abdallah d'Arabie saoudite s'est prononcé auprès de Washington pour une attaque contre l'Iran ou que la Russie serait un "Etat mafieux virtuel".

La France a déploré une divulgation "délibérée et irresponsable".

En Italie, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a dit craindre un "11-Septembre de la diplomatie mondiale".

Mais les dirigeants raillés ou mis en cause dans ces notes se sont empressés d'assurer que ces "ragots", selon Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, ne portaient pas atteinte à leurs relations avec Washington.

L'Afghanistan ne pense pas non plus que ses relations avec les Etats-Unis subiront des dommages, en dépit de documents décrivant le président Hamid Karzaï comme "faible" et son frère Ahmed Wali comme un baron de la drogue corrompu.

Au Proche-Orient, un haut responsable israélien estime qu'Israël "s'en tire à très bon compte", les fuites confirmant la position officielle d'Israël en faveur d'une grande fermeté à l'égard de Téhéran.

La Maison Blanche a annoncé avoir ordonné un passage en revue des procédures de sécurité pour éviter de nouvelles révélations.

Le ministre de la Justice Eric Holder a rappelé qu'une "enquête pénale est en cours, nous ne sommes pas en position pour l'instant de donner des résultats, mais l'enquête est en cours".

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