L'étau se resserre autour du fondateur de WikiLeaks Julian Assange

L'étau se resserre autour de Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks dont les fuites mettent la diplomatie mondiale en émoi: un mandat d'arrêt diffusé par la Suède a été transmis aux autorités britanniques et l'un de ses comptes en banque a été fermé par la Suisse.

L'étau se resserre autour du fondateur de WikiLeaks Julian Assange
©AFP Internet

Le premier mandat d'arrêt émis par la Suède avait été mal rédigé.

L'avocat de Julian Assange, Mark Stephens, a indiqué être en relation avec la police britannique pour organiser un entretien sur une base volontaire avec son client, qui se trouve selon toute probabilité en Angleterre.

"La requête est d'interroger Julian Assange", a dit l'avocat qui s'est inquiété d'une possible extradition de son client vers les Etats-Unis s'il devait être arrêté et confié à la police suédoise, soulignant les "déclarations belliqueuses venant des Etats-Unis".

De son côté, le quotidien britannique The Guardian, citant des sources anonymes, écrit qu'Assange devrait se présenter mardi devant la justice britannique et négocier sa liberté provisoire sous caution.

Les Etats-Unis menacent M. Assange de poursuites en représailles à la diffusion progressive depuis plusieurs jours par WikiLeaks de 250.000 télégrammes diplomatiques américains embarrassants, sans pour autant avoir trouvé à ce jour un chef d'inculpation recevable.

Postfinance, filiale bancaire de la Poste suisse, a par ailleurs annoncé lundi avoir fermé le compte de M. Assange, en raison de "fausses indications sur son lieu de domicile à l’ouverture de son compte". C'est ce compte, destiné aux dons pour Julian Assange et d'autres membres de WikiLeaks, qui figurait sur le site.

Dans le même temps la société française hébergeant une partie de WikiLeaks, OVH, a annoncé lundi que la justice ne lui avait pas imposé de fermer le site controversé, en rejetant plusieurs requêtes demandant aux juges de statuer sur la légalité du site.

Pendant que les mailles du filet se resserrent autour de son fondateur, WikiLeaks continue de publier des câbles secrets. Lundi il a diffusé une liste secrète de sites sensibles dans le monde que les Etats-Unis veulent protéger d'attaques terroristes.

Dans cette liste figurent des centaines de sites dans le monde entier, à l'exception des Etats-Unis. On y trouve des câbles sous-marins de télécommunications, des ports, des barrages, des oléoducs et gazoducs, etc.

Elle cite, entre autres, le canal de Panama, une mine de cobalt au Congo, des mines en Afrique du Sud et Amérique latine, ainsi que des entreprises pharmaceutiques produisant des vaccins en Allemagne, en Australie, au Danemark, en France et en Italie.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré lundi à propos de ces dernières révélations que le "vol et la publication d'informations provenant du gouvernement américain sont profondément inquiétants".

D'autres télégrammes diffusés lundi font état d'une inquiétude constante de Washington sur les trafics d'armes. Dans l'un d'eux, Mme Clinton reproche au président syrien Bachar al-Assad de fournir des missiles au Hezbollah alors qu'il l'avait assurée du contraire une semaine auparavant.

On apprend aussi dans d'autres câbles que la France et les Etats-Unis coopèrent de manière plus intensive depuis un an à l'initiative de Paris dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Les télégrammes diffusés par WikiLeaks ont aussi fait leur apparition dans les négociations sur le climat à Cancun (Mexique), poussant la Commissaire européenne au Climat Connie Hedegaard à mettre en garde contre les comptes rendus "partiels" des échanges révélés par le site.

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