Tripoli a menacé Londres en cas de mort en prison d'al-Megrahi

La Libye a menacé la Grande-Bretagne l'an dernier de conséquences "extrêmes" si l'auteur libyen de l'attentat de Lockerbie, malade, décédait en prison, révèlent des télégrammes diplomatiques américains piratés par WikiLeaks.

Tripoli a menacé Londres en cas de mort en prison d'al-Megrahi
AFP

La Libye a menacé la Grande-Bretagne l'an dernier de conséquences "extrêmes" si l'auteur libyen de l'attentat de Lockerbie, malade, décédait en prison, révèlent des télégrammes diplomatiques américains piratés par WikiLeaks.

Les menaces incluaient la fermeture de toutes les activités commerciales britanniques en Libye, des manifestations contre les représentations britanniques et des allusions menaçantes pour les sujets britanniques dans ce pays, selon ces télégrammes cités mercredi par le Guardian.

Des responsables libyens ont averti leurs homologues britanniques que "les conséquences pour les relations bilatérales seraient extrêmes si al-Megrahi devait mourir dans une prison écossaise", selon un télégramme de l'ambassadeur américain à Tripoli, Gene A. Cretz, daté de janvier 2009.

Et si Washington manifestait publiquement son opposition à la libération du Libyen, "l'ambassade américaine et les citoyens américains en Libye pourraient s'exposer à des conséquences similaires", ajoute ce télégramme. Abdelbaset Ali Mohmet al-Megrahi a été libéré pour des raisons humanitaires en août 2009 de sa prison en Ecosse, après que des médecins lui aient diagnostiqué un cancer de la prostate qui ne lui aurait laissé que trois mois à vivre, ce qui avait suscité une vague d'indignation aux Etats-Unis.

Toujours vivant plus d'un an après, le Libyen est le seul condamné dans l'attentat de 1988 contre un Boeing de la Pan Am qui avait explosé au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, tuant 270 personnes, la plupart américaines.