Édito: les 27 petits cochons

La chronologie de la crise de la zone euro fait irrésistiblement penser à l’histoire des trois petits cochons - que les dirigeants de l’Union nous pardonnent cette métaphore.

Édito: les 27 petits cochons
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La chronologie de la crise de la zone euro fait irrésistiblement penser à l’histoire des trois petits cochons - que les dirigeants de l’Union nous pardonnent cette métaphore. Les Européens ont pensé, dans un premier temps, qu’il suffirait d’élever une maison de paille - le plan d’aide à la Grèce - pour protéger l’Union économique et monétaire du loup spéculateur. Constatant que c’était insuffisant, ils ont ensuite bâti une maison de branches - l’actuel fonds de stabilité de la zone euro -, convaincus qu’elle les abriterait du souffle des marchés, escomptant qu’en 2013, la tempête serait passée. Il aura fallu attendre le sommet européen de ces jeudi et vendredi à Bruxelles pour qu’ils dressent les plans d’une maison de briques. Comprenez : d’un mécanisme permanent de résolution de crises, appuyé sur les fondations d’une réelle gouvernance économique commune et blindé par d’épais murs de garanties financières, pour persuader les spéculateurs que s’attaquer aux maillons faibles de l’eurozone reviendrait à se casser les dents.

Encore faudra-t-il désormais que les vingt-sept petits cochons se convainquent que l’édifice n’offre pas de prise à qui voudrait le prendre d’assaut. Et évitent, à l’avenir, de se répandre en déclarations alarmistes ou de se perdre en atermoiements coupables qui fissureraient l’ensemble.

Les dirigeants européens ne peuvent plus se permettre de mettre eux-mêmes en doute la solidité de l’Union économique et monétaire et, partant, celle de la construction européenne.