Journée de la Femme: une multitude d'initiatives à travers le monde

Baptêmes de rues en France, sit-in en Argentine, les initiatives prévues pour la journée internationale de la Femme, célébrée depuis un siècle, sont nombreuses dans le monde, prenant le plus souvent la forme de débats, d'expositions ou de concerts.

Journée de la Femme: une multitude d'initiatives à travers le monde
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AFP

Baptêmes de rues en France, sit-in en Argentine, les initiatives prévues pour la journée internationale de la femme, célébrée depuis un siècle, sont nombreuses dans le monde mais prennent le plus souvent la forme de débats, d'expositions et de concerts.

En Argentine, un sit-in devait avoir lieu devant le Congrès à Buenos Aires pour "celles que personne n'écoute", en référence aux femmes victimes de violence conjugale qui n'arrivent pas à faire enregistrer leurs plaintes auprès de la police.

La Centrale des travailleurs d'Argentine (CTA) a également appelé à manifester pour exiger de meilleures conditions de travail pour les femmes, combattre la violence machiste, lutter contre la prostitution et légaliser l'avortement.

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda a annoncé mardi qu'il soutenait les acquis de la femme tunisienne, y compris l'interdiction de la polygamie instituée par la loi, a affirmé mardi un haut responsable du mouvement.

Au Pérou, 69 organisations féministes organisent un piquet devant le palais de justice de Lima pour que les femmes victimes de violences puissent avoir accès à la justice. Onze femmes recevront par ailleurs l'Ordre du mérite de la femme des mains de la ministre de la Femme, Virginia Borra.

Au Venezuela, un char dédié aux "héroïnes" de l'histoire du pays est prévu dans le défilé carnavalesque de Caracas.

A Bruxelles, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, et la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, ont profité de cette journée pour souligner le "rôle crucial" des femmes dans les changements en cours en Tunisie et en Egypte.

Le vice-président américain, Joe Biden, a déclaré à Helsinki que l'amélioration des droits des femmes était "la chose la plus importante" pour la stabilité du monde.

Au Japon, la plus importante société de courtage financier, Nomura, a profité du 8 mars pour annoncer la nomination, pour la première fois, d'une femme comme directeur financier.

Les femmes occupent 20% des postes de direction d'entreprises au niveau mondial en 2011, en baisse par rapport à 2009 où elles représentaient 24% des dirigeants de sociétés, selon une étude du cabinet d'audit et de conseil Grant Thornton.

Dans un tout autre registre, la chanteuse belge Lara Fabian devait donner mardi un concert en Tchétchénie.

Le 8 mars est davantage conçu en Bulgarie comme une fête de respect témoigné aux femmes plutôt qu'une journée de défense des droits des femmes. Une tradition établie à l'époque communiste est toujours vivante: les hommes offrent des fleurs à leurs collègues femmes, à leur épouse, à leur mère.

Le président afghan Hamid Karzaï a plaisanté mardi au sujet de sa femme, affirmant être "opprimé" par celle qui ne se montre que très rarement en public.

Le président français Nicolas Sarkozy a suggéré pour sa part que la journée de la femme n'était peut-être pas "l'essentiel" du combat pour la promotion de l'égalité des sexes et jugé plus important "de trouver du travail pour les hommes et les femmes".

De nombreuses associations et fédérations féministes organisent des débats, expositions, et marches dans toute la France sur la violence conjugale ou les discriminations dans le monde du travail.

Le réseau "Osez le féminisme" prévoit de distribuer "plusieurs dizaines de milliers de tracts, destinés à "interpeller l'opinion sur l'importance d'un engagement féministe 365 jours par an".

A Montreuil (banlieue parisienne), les rues vont être symboliquement rebaptisées de noms de femmes. Même type d'initiative à Marseille, où l'association Mix-Cité 31 propose de rebaptiser symboliquement 70 rues du nom de femmes célèbres.

La ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, a invité à déjeuner les femmes ministres du gouvernement, qui compte dix femmes ministres et secrétaires d'Etat et vingt hommes.


Les femmes sur le pont pour la paix et la solidarité Scandant le slogan "solidarité avec les femmes du monde entier", en français et en néerlandais, quelque 150 femmes se sont réunies mardi midi sur le pont Sainctelette, dans la commune bruxelloise de Molenbeek, pour manifester en faveur de la paix et pour exprimer leur solidarité avec les femmes des régions en guerre. Dans le cadre de la campagne "Join women on the bridge" de "Women for Women International", le Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) et le Nederlandstalige Vrouwenraad ont invité les femmes à se regrouper sur le pont Sainctelette le jour du centième anniversaire de la Journée Internationale de la Femme pour cette action de solidarité. La Marche mondiale des femmes s'est également jointe à l'initiative. "Nous aimerions que les femmes puissent jouer un rôle plus important dans l'établissement de la paix et nous appelons les responsables politiques à se montrer plus fermes pour que les crimes contre l'humanité commis contre les femmes ne restent pas impunis", a déclaré à Belga la présidente de la CFFB, Viviane Teitelbaum. Une Iranienne a pris la parole pour évoquer la situation des femmes de son pays "qui vivent dans une dictature depuis 30 ans". Une Congolaise a ensuite témoigné de son viol par un membre d'une bande armée dans l'est du Congo et du rejet social qu'elle a subi après cette agression. Un récit accueilli avec beaucoup d'émotion par la petite foule.