L'édito de Gilles Milecan

L’enchaînement des incidents au sein des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima épuise le vocabulaire des commentateurs autant que celui des spécialistes.

L'édito de Gilles Milecan
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L’enchaînement des incidents au sein des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima épuise le vocabulaire des commentateurs autant que celui des spécialistes. Inédite, cette séquence entrouvre la porte d’une "terra incognita" que l’on a préféré ignorer plutôt que redouter au moment de la mise en activité des centrales. Cet inconnu, des hommes lui font face et déploient toute leur énergie sans ignorer les risques qu’ils courent. Pour enrayer un processus dévastateur. Pour limiter une contamination qui semble inévitable. Pour conjurer la peur. Pour protéger les leurs.

Ils font preuve de sens du devoir.

Cet héroïsme renvoie à la communauté internationale le reflet de ce que devrait être son propre engagement. Les situations extrêmes exigent l’action immédiate. Pas l’agitation déraisonnée. Pas l’interminable passage en revue des "options" potentielles. Mais l’application de principes qui fondent une société. Nous défendons les droits de l’homme et la solidarité comme ciment de cohésion sociale !

Tandis que le monde admire l’abnégation japonaise, il détourne les yeux de l’appel à l’aide des candidats démocrates libyens. Ils perdent du terrain pendant que personne ne prend la responsabilité de leur venir en aide. Comme s’ils n’étaient pas des nôtres. La communauté internationale se montre trop fréquemment tétanisée par les événements qu’elle oubliera ensuite en invoquant la fatalité. Le confort qu’offre la démocratie ne peut se payer au prix des catastrophes endurées ailleurs.