L’éolien, alternative au nucléaire

A quelque chose, malheur est bon, serait-on tenté d’écrire de façon cynique. Mais le constat est là. Les incidents nucléaires qui se déroulent au Japon dans la foulée du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé le pays du Soleil-Levant ont accentué le coup de projecteur sur l’édition 2011 du salon européen des professionnels de l’énergie éolienne (EWEA).

L’éolien, alternative au nucléaire
©Jean-Luc Flemal
Ph. Law.

A quelque chose, malheur est bon, serait-on tenté d’écrire de façon cynique. Mais le constat est là. Les incidents nucléaires qui se déroulent au Japon dans la foulée du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé le pays du Soleil-Levant ont accentué le coup de projecteur sur l’édition 2011 du salon européen des professionnels de l’énergie éolienne (EWEA). "On ne peut pas se réjouir du drame qui frappe le Japon, mais les incidents nucléaires qui s’y déroulent montrent que la technologie que nous défendons a plusieurs avantages par rapport à l’énergie nucléaire. L’énergie produite par les éoliennes est durable, moins émettrice de CO2 et n’est pas dangereuse", nous a confié Fawaz Al Bitar, conseiller éolien d’Edora, la Fédération de l’énergie d’origine renouvelable et alternative.

D’après lui, l’activité de production d’énergie des éoliennes, qu’elles soient onshore ou offshore répond à trois préoccupations majeures de la population et des responsables politiques. "Les éoliennes garantissent une sécurité d’approvisionnement en énergie, contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique et répondent aux inquiétudes en matière de sécurité", souligne-t-il. Il se refuse à tirer à boulets rouges sur la technologie de l’atome, mais il indique que programmer la sortie du nucléaire pour le remplacer par les énergies renouvelables n’est pas une utopie. "On ne va pas commencer à attaquer la technologie du nucléaire, mais il faudra à terme en sortir avec l’objectif de produire l’électricité par du renouvelable à 100 %. Des organisations non gouvernementales (ONG) estiment qu’on peut programmer cette sortie pour 2050, mais c’est prématuré", conclut Fawaz Al Bitar.

Président de l’ASBL Edora, Michel Helbig de Balzac estime que les incidents nucléaires au Japon viendront mettre en sourdine les critiques sur le soutien public aux énergies renouvelables via les certificats verts. En attendant, la tendance est à la hausse, car l’année 2010 a vu une augmentation de la capacité de production de 350 MW pour atteindre un total de 901 MW en Belgique (442 MW en Wallonie, 264 MW en Flandre et 195 MW en mer du Nord). La hausse de la capacité de production était de 149 MW. D’après Edora et son homologue flamand, ODE, la croissance de l’éolienne pourrait être importante si les responsables politiques prennent les mesures qu’il faut. "La capacité de production de 901 MW permet de couvrir l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plus de 600 000 ménages et d’éviter l’émission annuelle de un million de tonnes de CO2. Afin de maintenir cette croissance importante, il convient de lever rapidement le moratoire de fait constaté en Région wallonne et d’adopter sans tarder le nouveau cadre de référence éolien actuellement en discussion" , a expliqué Noémie Laumont, secrétaire générale d’Edora. Selon elle, près de 15 % de la production d’électricité belge pourrait provenir de sources éoliennes en 2020 et même 50 % en 2050. Elle indique que le secteur éolien représente en Wallonie un potentiel de 30 000 emplois directs supplémentaires. Actuellement, l’éolien ne représente que 2,5 % de la production d’électricité. Du côté flamand, ODE demande notamment l’instauration du permis unique pour faciliter le développement des projets éoliens. Les deux associations demandent au fédéral de lever les contraintes militaires qui limitent les projets. Ces contraintes concernent l’interdiction de parcs éoliens à proximité des radars et des zones d’entraînement des avions militaires.