Fukushima: la situation reste "grave", selon l'ASN

Il ne suffit pas de tirer des cables électriques pour rétablir le courant et la situation à la centrale électrique de Fukushima où la situation reste "grave", ont déclaré dimanche des responsables de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Fukushima: la situation reste "grave", selon l'ASN
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Il ne suffit pas de tirer des cables électriques pour rétablir le courant et la situation à la centrale électrique de Fukushima où la situation reste "grave", ont déclaré dimanche des responsables de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

"Les lignes sont connectées mais il n'est pas possible encore de les utiliser en raison du risque de court-circuit", a expliqué devant la presse le directeur général adjoint de l'ASN, Olivier Gupta, rappelant que le matériel a été plongé dans l'eau.

"Il s'agit de vérifier tableau électrique par tableau électrique, matériel par matériel si on peut connecter chacun d'entre eux", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas parce que les cables sont tirés que le problème est résolu", a-t-il insisté relevant que la "situation reste grave et précaire".

Les canons à eau ont "permis d'éviter le pire pour les piscines de refroidissement de combustibles usés", a-t-il ajouté, évoquant une situation "fragile en particulier pour la piscine du réacteur 3".

Des rejets radioactifs de "décompression volontaire" prévus dimanche au réacteur 3 pourraient s'avérer plus radioactifs faute d'être filtrés. Jusque là, une "piscine de surpression", située à la base de l'enceinte de confinement de chacun des réacteurs endommagés a pu servir "à faire barboter les gaz et la vapeur d'eau avant les rejets de gaz vers l'extérieur", ce qui permet de retenir une partie des éléments radioactifs.

Si ce dispositif ne fonctionnait pas sur le réacteur 3 "parce qu'il a été endommagé, ça conduirait à des rejets plus importants", a indiqué M. Gupta. Etant donné les "rejets importants" déjà faits "une contamination était attendue", a précisé Marie-Pierre Comets, commissaire de l'ASN, à propos de la contamination de denrées alimentaires mesurée au Japon.

Elle a rappelé qu'un système de normes maximales avait été mis en place par les autorités japonaises pour "gérer les interdictions de consommation et de commercialisation" des produits alimentaires dont les niveaux de contaminations seraient trop élevés.

Lors de l'arrivée mercredi ou jeudi au dessus de la France métropolitaine du panache radioactif, les concentrations attendues de césium 137 dans l'air devraient être très faibles et sans conséquences pour la santé, a par ailleurs dit Mme Comets.


450 experts américains du nucléaire prêts à venir en renfort Environ 450 militaires américains spécialistes du nucléaire se tiennent prêt à intervenir au Japon en cas de besoin, a déclaré jeudi soir le commandant des forces américaines du Pacifique, qui s'est dit "prudemment optimiste" sur l'évolution de la situation. Neuf militaires américains spécialistes des risques nucléaires ont été envoyés jeudi au Japon pour évaluer les risques de contamination radioactive et le besoin d'éventuels renforts, a expliqué l'amiral Robert Willard à des journalistes au cours d'une audio-conférence. "J'ai demandé à une force d'environ 450 experts en gestion des risques radiologiques de se tenir prête. L'un des rôles de l'équipe avancée est de déterminer s'il y a besoin d'envoyer cette force", a-t-il affirmé. Les opérations pour tenter de refroidir les réacteurs de la centrale de Fukushima se poursuivent mais la situation semble s'être stabilisée, ce qui rend l'amiral Willard, qui a autorité sur les 49.000 soldats et marins américains au Japon, "prudemment optimiste". Réitérant la disponibilité des Etats-Unis à fournir tout l'aide nécessaire, l'amiral Willard s'est félicité de l'échange d'informations avec ses homologues japonais. "Il y a un ligne de communication très transparente et ouverte entre les forces américaine et japonaise qui conduisent les opérations de secours", selon lui. Les forces américaines au Japon disposent de nombreux moyens de détection de la radioactivité, à bord d'avions, d'hélicoptères et pour leurs troupes au sol ainsi que "d'énormes moyens logistiques", selon lui. "L'armée américain a des moyens assez efficaces et autonomes pour opérer dans cet environnement et nous avons certainement les moyens humains pour aider là où on a besoin de nous", a-t-il jugé. Il a notamment précisé qu'un drone Global Hawk survolait la centrale de Fukushima pour prendre des photos du réacteur et des images infrarouges pour déterminer les émissions de chaleur. Les informations sont ensuite partagées avec les Japonais pour "amasser autant d'informations précises que possible sur l'état des réacteurs".


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