Cantonales: victoire de la gauche, le FN creuse son sillon

A 13 mois de la présidentielle, la gauche a nettement remporté dimanche le second tour des cantonales en ravissant plusieurs départements à l'UMP, grand perdant tandis que le FN a continué à creuser son sillon et fait son entrée dans au moins deux conseils généraux.

Cantonales: victoire de la gauche, le FN creuse son sillon
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A 13 mois de la présidentielle, la gauche a nettement remporté dimanche le second tour des cantonales en ravissant plusieurs départements à l'UMP, grand perdant tandis que le FN a continué à creuser son sillon et fait son entrée dans au moins deux conseils généraux.

Le PS a recueilli 36,44% des voix, devant l'UMP (18,90%), le Front national (11,34%) et les candidats divers droite (10,38%), selon des estimations du ministère de l'Intérieur portant sur plus des deux tiers des bureaux de vote.

Le FN a reculé en pourcentage par rapport au premier tour (15%) mais il n'était présent dimanche que dans 400 cantons, où partout il a progressé en voix.

Le taux d'abstention a été de 53,99%, selon ces mêmes résultats partiels. Il s'affiche en léger recul par rapport au niveau record de 55,68% enregistré pour ce type de scrutin au premier tour, dimanche dernier.

Les Français "ont ouvert la porte du changement et nous allons nous y engouffrer", s'est réjouie la patronne du PS Martine Aubry. Elle a promis de mettre désormais toute son "énergie à rassembler la gauche" pour gagner la présidentielle de 2012.

La gauche, qui détenait déjà 58 départements sur 100, en a pris plusieurs à la droite: Mayotte, le Jura, les Pyrénées-Atlantiques et peut-être la Loire, où les deux camps sont au coude-à-coude. L'UMP a également perdu la majorité à La Réunion, alors que le conseil régional de l'île avait basculé à droite l'an dernier.

Restent en outre dans l'escarcelle de la gauche la Seine-et-Marne ainsi que la Corrèze, fief de François Hollande, qui avait conditionné sa participation aux primaires socialistes pour 2012 au maintien à gauche de son département.

Symbole de la défaite du camp présidentiel: Isabelle Balkany, proche du chef de l'Etat, a été battue par un divers droite dans les Hauts-de-Seine.

A ce scrutin, beaucoup de candidats UMP avaient préféré l'étiquette DVD à celle de leur parti pour cause d'impopularité de Nicolas Sarkozy.

Consolation pour la droite: elle a ravi le Val-d'Oise.

Vers 22H30, le Front national affichait deux victoires en Paca dans les cantons de Carpentras-nord (Vaucluse) --où son candidat Patrick Bassot l'a emporté avec 54,34% des voix face au socialiste sortant-- et de Brignoles (Var) --avec Jean-Paul Dispard, vainqueur à l'arraché (5 voix d'écart) face à un communiste--.

Le FN échoue dans certains cantons où il avait placé beaucoup d'espoirs, comme à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais) où se présentait son secrétaire général Steeve Briois, et à Perpignan-9 où concourait Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen.

Celle-ci s'est "félicitée d'une très forte augmentation des voix FN entre les tours, quelle que soit la configuration". "Il y a bien un vote d'adhésion", a-t-elle dit.

La majorité s'est dite "un petit peu déçue", le patron de l'UMP Jean-François Copé estimant dans le même temps que le PS était "très loin" des résultats qu'il escomptait.

"A droite, on doit tirer tous les enseignements de ces résultats et on va évidemment le faire, notamment par rapport à la poussée du Front national", a-t-il ajouté, alors que même dans son fief de Meaux (Seine-et-Marne) le parti d'extrême droite a réalisé une percée.

"La gauche progresse mais le recul de la majorité est moins important qu'annoncé", a commenté le Premier ministre François Fillon.

3.124 candidats se disputaient les 1.566 cantons encore à pourvoir dans tous les départements, sauf Paris. 460 conseillers généraux ont été élus dès le premier tour. L'élection des nouveaux présidents de conseils généraux aura lieu jeudi.

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