En Allemagne, l’immigration compense la dénatalité

Hantés par le spectre de la dénatalité, les Allemands peuvent souffler un peu : l’an dernier le solde migratoire a été positif, compensant en partie l’excédent des décès sur les naissances. Quelque 798 000 personnes sont venues s’installer en Allemagne, soit 11 % de plus qu’en 2009.

En Allemagne, l’immigration compense la dénatalité
© Reporters
Marcel Linden

Correspondant en Allemagne

Hantés par le spectre de la dénatalité, les Allemands peuvent souffler un peu : l’an dernier le solde migratoire a été positif, compensant en partie l’excédent des décès sur les naissances. Quelque 798 000 personnes sont venues s’installer en Allemagne, soit 11 % de plus qu’en 2009.

Il s’agit là de la plus forte augmentation des six dernières années. L’Office statistique fédéral de Wiesbaden, qui publie ces chiffres, ne donne cependant pas les raisons de l’afflux. Il est possible que la très forte croissance allemande, qui s’élève à 3,6 % du Produit intérieur brut en 2010, qui a fait du pays la locomotive économique européenne, ait attiré de la main-d’œuvre étrangère.

Le nombre de ceux qui ont quitté l’Allemagne a parallèlement diminué de 9 % à 671 000 unités. Il en résulte un solde migratoire positif de 128 000, à opposer à un solde négatif de 13 000 en 2009.

Les démographes et professeurs d’économie sont formels : pour éviter une hémorragie de la population et une pénurie d’employés qualifiés, le pays a absolument besoin d’une forte immigration avec tout ce que cela implique en termes d’intégration et de tensions sociales.

En 2009, dernière année disponible, le nombre d’habitants a reculé de 202 000 à 81,8 millions. Trois ans plus tôt, en 2006, l’Allemagne avait encore hébergé 82,3 millions de personnes. Le recul de 2009 se décompose en un déficit des naissances par rapport aux décès de 189 000 et un solde migratoire négatif de 13 000 comme indiqué plus haut.

Depuis la réunification de 1990 l’achat de cercueils l’a toujours emporté sur celui de berceaux. Or, jusqu’en 2002 la population de l’Allemagne a continué d’augmenter à cause d’un important afflux d’immigrés.

Par la suite la population a diminué et en 2008 le solde migratoire était même pour la première fois négatif.

L’évolution de 2010 permet aussi de dissiper les craintes de ceux qui redoutent l’arrivée de gens issus de cultures non européennes. Parmi les 684 000 étrangers qui sont venus s’établir en Allemagne, les voisins polonais sont bons premiers avec un total de 126 000 personnes, devançant les Roumains (75 000) et les Bulgares (39 000).

Avec 30 000 arrivées, les Turcs, qui composent pourtant la plus forte minorité ethnique en Allemagne, suivent à égalité avec les Hongrois et les Américains.

Sont également arrivés 115 000 Allemands, dont des Allemands de souche originaires de Pologne, de Russie, etc., et des personnes qui ont séjourné un certain temps à l’étranger. Il y a eu moins de partants, 530 000 étrangers (-9 %) et 14.000 Allemands (-9 %).

La baisse de l’émigration des Allemands indique peut-être que le danger d’évasion des cerveaux, dont on a beaucoup parlé, s’estompe. Les départs de ressortissants des pays balkaniques ont été les plus importants : 18 000 Roumains, 11 000 Bulgares et 10 000 Serbes ont quitté la République fédérale.

Pourtant, ce ne sont pas les jobs qui manquent en Allemagne. Au premier trimestre de l’année 2011, l’institut de recherches du marché du travail IAB dénombrait en moyenne un million d’offres d’emploi, soit 400 000 de plus que pour la même période de l’année précédente.