DSK a fait valoir ses liens avec les Etats-Unis pour sa libération

Dominique Strauss-Kahn a misé jeudi sur ses liens avec les Etats-Unis, pays d'origine de sa femme Anne Sinclair et lieu de résidence de sa fille Camille, pour convaincre la justice américaine qu'il n'allait pas fuir en France et obtenir ainsi une remise en liberté.

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DSK a fait valoir ses liens avec les Etats-Unis pour sa libération
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Dominique Strauss-Kahn a misé jeudi sur ses liens avec les Etats-Unis, pays d'origine de sa femme Anne Sinclair et lieu de résidence de sa fille Camille, pour convaincre la justice américaine qu'il n'allait pas fuir en France et obtenir ainsi une remise en liberté.

L'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) avait proposé plus tôt cette semaine de rester sous surveillance continue à Manhattan et de verser une caution d'un million de dollars mais la justice lui avait refusé sa libération conditionnelle.

Cette fois-ci, ses avocats ont insisté sur son ancrage familial new-yorkais pour convaincre le tribunal qu'il ne prendrait pas la poudre d'escampette vers Paris s'il était remis en liberté.

Les avocats ont insisté sur ses liens avec sa femme, la journaliste Anne Sinclair, née à New York, et sa fille Camille, qui étudie à l'université Columbia et réside de "façon permanente" dans l'Upper West Side à Manhattan.

"M. Strauss-Kahn a des liens familiaux solides avec New York... ce qui joue grandement en faveur" de sa libération conditionnelle, ont-ils plaidé, faisant valoir que M. Strauss-Kahn avait enseigné à l'université Stanford et qu'il résidait depuis 2007 à Washington.

Sa fille Camille, née d'un précédent mariage, et sa femme se sont toutes deux présentées au tribunal jeudi à Manhattan pour l'appuyer dans sa nouvelle demande de remise en liberté conditionnelle.

La cour a finalement été convaincue par les arguments de la défense et autorisé la remise en liberté de DSK moyennant une caution d'un million de dollars. La libération effective aura lieu vendredi une fois le chèque signé.

M. Strauss-Kahn sera alors assigné à résidence à Manhattan, dans un appartement de sa femme, et devra donner aux autorités américaines tous ces documents de voyage. Il fera l'objet d'une surveillance vidéo et un garde, armé, sera présent avec lui en permanence, a indiqué la cour. Il devra porter un bracelet électronique.

Il devra se présenter le 6 juin à une nouvelle audience où il pourrait plaider non coupable des accusations de crime sexuel qui lui ont été formellement reprochées jeudi. Dans cette hypothèse, un procès s'ouvrirait dans les prochains mois.

Jouer la carte américaine n'a pas pour autant emporté la sympathie des tabloïds new-yorkais.

Le New York Post a appelé jeudi à se débarrasser des "décadents étrangers": "Trop, c'est trop! Il faut se débarrasser des salauds. De l'automne à l'été, ils arrivent sur nos rives, les décadents, les dépravés, les malodorants, les cupides, les saouls, les déments", écrit le NY Post dans un article publié jeudi.

Le Daily News a quant à lui publié une photo de Dominique Strauss-Kahn surpris dans sa cellule, le regard hagard, fatigué, dans une combinaison carcérale bleue et coiffée d'un titre explicite: "Pas de pitié pour le pervers".

Les autorités carcérales de New York ont ouvert une enquête pour établir la véracité et l'origine de cette photo qui aurait pu filtrer d'un gardien de prison.