33 écologistes opposés au nucléaire arrêtés

Trente-trois militants de l'organisation écologiste Greenpeace ont été interpellés mardi aux Pays-Bas pour avoir tenté d'empêcher, en s'enchaînant aux rails d'une voie de chemin de fer, le départ vers la France d'un convoi de déchets nucléaires.

AFP
33 écologistes opposés au nucléaire arrêtés
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Trente-trois militants de l'organisation écologiste Greenpeace ont été interpellés mardi aux Pays-Bas pour avoir tenté d'empêcher, en s'enchaînant aux rails d'une voie de chemin de fer, le départ vers la France d'un convoi de déchets nucléaires, a annoncé la police locale.

"Trente-trois d'entre eux ont été interpellés", a indiqué à l'AFP Esther Boot, une porte-parole de la police locale, selon laquelle les militants, conduits au poste de police, ont été relâchés après le départ du train.

Le convoi composé de trois wagons à destination de l'usine de retraitement de déchets nucléaires de La Hague (nord-ouest de la France), via la Belgique, a quitté vers 11H00 (09H00 GMT) la centrale nucléaire de Borssele (sud-ouest), avec trois heures de retard, selon la même source.

Les militants écologistes interpellés, qui ont été délogés par la police des cinq endroits où ils s'étaient postés sur la voie de chemin de fer, feront l'objet de citations à comparaître, a expliqué Mme Boot.

Le train a franchi la frontière belge avec les Pays-Bas à la mi-journée, à Essen, a indiqué une porte-parole de Greenpeace Belgique, Elisabeth Loos, jointe par téléphone.

Il n'a pas été retardé par l'action menée par une trentaine de militants de Greenpeace qui avaient "pris position" sur les voies à Essen, selon Mme Loos qui a souligné : "il y avait beaucoup de policiers, nous n'avons pas pu rester très longtemps".

Selon Greenpeace, le convoi représente un danger pour la population qui habite le long de l'itinéraire qu'il doit emprunter jusqu'à La Hague. Il s'agit du premier des dix convois de déchets nucléaires qui doivent quitter les Pays-Bas à destination de la France au cours des deux prochaines années.

"S'il y a un accident, ce sera la catastrophe!", a assuré à l'AFP Ike Teuling, une porte-parole de Greenpeace : "les déchets nucléaires pourraient sortir des wagons et la population serait exposée à une radioactivité semblable à celle enregistrée près de Tchernobyl ou de Fukushima".

Selon Greenpeace, la partie des déchets nucléaires qui ne pourra pas être recyclée à La Hague et sera renvoyée aux Pays-Bas pour y être stockée, restera radioactive pendant 240.000 ans.

Le train devait traverser la Belgique en passant par Gand (nord-ouest), malgré l'action en justice du maire de la ville pour en empêcher son passage, rejetée lundi soir, puis par Mouscron (ouest), près de la frontière française.


Transport nucléaire: le convoi a quitté la Belgique vers 16h30 Le train de déchets nucléaires parti mardi de Borssele aux Pays-Bas à destination de la France a quitté le territoire belge à 16h30, indique Infrabel. Le train a ensuite poursuivi son chemin vers La Hague. Le convoi a été retenu au début de son trajet par des activistes de Greenpeace. Vingt-huit personnes ont été interpellées aux Pays-Bas et une dizaine à Essen. La circulation ferroviaire entre Essen et Kalmthout a même dû être interrompue durant quelque temps. Le convoi a ensuite continué son trajet sans encombres. Le train est passé à Gand aux alentours de 15h. Les autorités de la cité d'Artevelde avaient tenté d'empêcher le convoi de passer par leur territoire via une procédure en référé, mais elles ont été déboutées. Selon l'organisation de défense de l'environnement Greenpeace, dix transports de ce type devraient avoir lieu durant les deux prochaines années entre les Pays-Bas et la France.