Attaque en Israël: une opération exécutée malgré des renseignements

La série d’attaques qui a frappé jeudi la route 12 conduisant à la station balnéaire d'Eilat, près de la frontière égyptienne, tuant huit Israéliens, apparaît comme une opération soigneusement préparée et exécutée, en dépit de renseignements préalables.

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AFP

La série d’attaques qui a frappé jeudi la route 12 conduisant à la station balnéaire d'Eilat, près de la frontière égyptienne, tuant huit Israéliens, apparaît comme une opération soigneusement préparée et exécutée, en dépit de renseignements préalables.

La triple attaque, attribuée par Israël à des activistes radicaux palestiniens de Gaza, a pris de court la police et l'armée israélienne, comme l'ont révélé la confusion qui a suivi et l'imprécision des premiers compte-rendus.

Pourtant, il semble que les forces de sécurité israéliennes aient été dûment prévenues de l'imminence d'une telle opération et aient même déjà déployé des renforts, le long des 200 kilomètres de la frontière avec l'Egypte, selon des sources militaires. "Un avertissement spécifique et de haut niveau qui n'a servi à rien", déplore vendredi le quotidien Maariv qui se demande "pourquoi les attentats n'ont pas été empêchés et pourquoi la route n'a pas été coupée immédiatement à la circulation civile". "Des renseignements précis (mais) un échec criant", déplore le journal populaire Yediot Aharonot.

De fait, les forces n'étaient pas sur le lieu même de la première attaque, peu après midi (09H00 GMT) jeudi, lorsqu'un autobus de la compagnie publique israélienne Egged, roulant le long de la frontière égyptienne, sur la route 12, a été pris pour cible par trois hommes armés.

Selon des témoignages de passagers, des assaillants ouvrent le feu sur le bus 392 à hauteur du poste-frontière de Netafim, qui venait de Beersheva, dans le Néguev, et se dirigeait vers la ville d'Eilat, au bord de la mer Rouge. Le car 392 transportait de nombreux soldats israéliens partant en permission à la veille du week-end. Sept passagers sont blessés.

Le chauffeur du bus a raconté avoir été bloqué par un véhicule duquel sont sortis trois hommes en tenue militaire bleue qui ont tiré à l'arme automatique sur l'autobus.

Quelques minutes après, un bus vide et des voitures privées arrivent sur les lieux. Les assaillants tirent à nouveau. L'un court vers le bus actionnant une ceinture d'explosifs, entraînant le chauffeur du car dans la mort. Deux soeurs et leurs époux, en route pour des vacances à Eilat, sont tués dans une voiture ainsi que le conducteur d’un autre véhicule.

Ce n'est qu'à ce moment que les premiers soldats israéliens arrivent en renfort à bord de deux véhicules. Un militaire tue le second assaillant en lui roulant dessus.

Le troisième attaquant est abattu lors d'échanges de tirs qui se soldent par la mort d'un soldat.

Selon les médias israéliens, les soldats et policiers venus en renforts, appuyés par des hélicoptères, ouvrent le feu en direction de deux autres membres du commando, postés du côté égyptien de la frontière.

Finalement les deux hommes seront tués par des policiers israéliens qui ont traversé la frontière égyptienne.

Après les attaques, des sapeurs de l'armée israélienne ont découvert des engins explosifs placés le long de la route et les ont désamorcés. Enfin, en début de soirée, alors que des officiers supérieurs israéliens enquêtent sur place, des tirs reprennent, tuant un tireur d’élite de la police israélienne, d’origine française.

Au même moment, un raid aérien israélien sur la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, fait six morts, dont quatre chefs des Comités de résistance populaire (CRP), une organisation radicale armée opérant à Gaza.

Selon un communiqué du Shin Beth, le service de la sécurité intérieure israélien, la direction des CRP --directement responsable des attaques selon lui-- a été "éliminée".

S'ils l'ont saluée, les CRP ont nié être impliqués dans l'opération. Selon les médias israéliens, cinq assaillants ont été tués par les forces de sécurité israéliennes et deux autres par les forces de sécurité égyptiennes.

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