Attentat islamiste déjoué à Berlin

Les autorités berlinoises sont nerveuses : à l’approche du 11 septembre et de la visite du pape dans la capitale allemande le 22 septembre, la police a arrêté deux jeunes musulmans, qui s’apprêtaient apparemment à fabriquer une bombe.

Marcel Linden
Attentat islamiste déjoué à Berlin
©AP

Correspondant en Allemagne

Les autorités berlinoises sont nerveuses : à l’approche du 11 septembre et de la visite du pape dans la capitale allemande le 22 septembre, la police a arrêté deux jeunes musulmans, qui s’apprêtaient apparemment à fabriquer une bombe. Elle indique qu’ils ont agi seuls, sans être en rapport avec des groupes jihadistes allemands ou des terroristes étrangers liés à al Qaeda.

Pas moins de 230 agents ont perquisitionné hier matin les logements des suspects et les locaux d’une mosquée du quartier ouvrier de Wedding qu’ils fréquentaient régulièrement.

Depuis deux mois, la police observait vingt-quatre heures sur vingt-quatre les terroristes présumés, un Allemand d’origine libanaise de 24 ans et son complice, un Palestinien de la bande de Gaza âgé de 28 ans. Deux firmes, auprès desquelles le premier avait commandé des substances chimiques d’un volume considérable, avaient chacune informé la police. Dans son logement, il avait stocké des coussins frigorifiques contenant un gel particulier : mélangé avec un acide employé dans l’agriculture, que le suspect s’était également procuré, il aurait composé un puissant explosif. Pour éviter tout risque, les policiers ont préféré arrêter les suspects avant qu’ils n’aient fabriqué la bombe. Le parquet de Berlin les a inculpés de "préparation d’un dangereux attentat subversif" .

Apparemment, la police ne redoutait pas d’attentat le jour anniversaire du 11 septembre ou le 22 septembre, quand le pape célébrera une messe avec 70 000 fidèles dans le stade olympique de Berlin. La police ne croit pas non plus que les inculpés aient voulu semer la terreur avant les élections du Land de Berlin le 18 septembre. "Nous ne savons rien d’un plan concret" , a indiqué un représentant du parquet.

Les inculpés étaient connus de la police, mais ils n’auraient pas commis d’actes de violence.

Actuellement d’autres actes criminels tiennent en haleine la capitale : presque chaque nuit, des inconnus incendient une demi-douzaine de voitures. Récemment Jörg Ziercke, président de la police criminelle fédérale BKA, avait relevé que jusqu’en août dernier les autorités allemandes ont déjoué huit tentatives de coups terroristes.

L’unique attentat islamiste qui a abouti à ce jour est l’assassinat de deux GI’s début mars à l’aéroport de Francfort. Le meurtrier présumé, Arid U., un jeune Kosovar, comparaît actuellement devant le tribunal supérieur de la Hesse. A l’égard du coup avorté de Berlin, Bernhard Witthaut, président du syndicat allemand de la police, avertit : "Ceux qui croient que dix ans après le 11 septembre et qu’après la mort de Ben Laden, la situation s’est normalisée, doivent déchanter."