Le jour du souvenir

Le chaos annoncé pour arriver sur le site de Ground Zero a bien eu lieu. Stations de métro fermées, rues interdites à la circulation, fouille des véhicules, des sacs, contrôles d’identité,…

Envoyé spécial aux états-unis Fabrice Melchior
Le jour du souvenir
©ap

Le chaos annoncé pour arriver sur le site de Ground Zero a bien eu lieu. Stations de métro fermées, rues interdites à la circulation, fouille des véhicules, des sacs, contrôles d’identité,…

On ne célèbre pas les 10 ans du 11 septembre en compagnie de Barack Obama et George W. Bush, avec des menaces d’attentat en ce dimanche, comme n’importe quel autre anniversaire. Pour accéder au site de la cérémonie, il fallait montrer patte blanche : contrôles d’identité, fouille des sacs,… Les policiers ne prenaient aucun risque et n’autorisaient aucun sac, mis à part le sac à main de ces dames, à l’intérieur du périmètre de sécurité. La file était monstre autour des différents check points , pendant plus de deux heures. La foule, bigarrée, se composait d’Américains tenant fièrement un drapeau, de touristes, de motards, de vieux, de jeunes même pas nés lorsque les attentats ont eu lieu. Tous voulaient montrer leur soutien aux familles ayant perdu un proche, arrivées à 7 h 45 pour prendre place.

La cérémonie, émouvante à souhait, commençait par l’hymne américain. Sur le site même, les minutes de silence (8 h 46 pour l’avion qui touche la tour Nord; 9 h 03 : l’avion qui touche la tour Sud; 9 h 37 : l’avion qui touche le Pentagone; 9 h 59 : la tour Sud qui s’écroule; 10 h 03 : le vol 93 qui s’écrase; et 10 h 28, la tour Nord qui s’écroule) étaient bien respectées. Les trompettistes de la police et des pompiers de New York ainsi que ceux des autorités du Port accompagnaient la lecture des noms.

En dehors du site, la tension montait. Les activistes prétendant que “le clan Bush a fait le 11/09” , c’est “un travail de l’intérieur” , faisaient, par centaines, entendre leur voix. “Je ne peux pas comprendre la douleur des familles qui ont perdu un proche vu que je n’ai perdu personne le 11 septembre” , souligne Larry, activiste de la première heure. “Je ne peux que leur apporter mon soutien. Toutefois, pour moi, ce qui s’est passé résulte de faits que peu de gens connaissent. C’est un travail de l’intérieur et je tiens à montrer les faits aux Américains.”

Certains les huent, leur répondent : “trouvez-vous une vie”, “soyez fiers d’être Américains” . “Je suis dégoûté par ceux qui clament en ce triste jour que ce sont les Américains qui ont provoqué ces événements” , nous explique Bill Sherman, dont le fils a fait ses études à Louvain. “Cela fait 7 ans que je viens aux cérémonies. Je n’ai perdu personne mais je veux montrer mon réconfort aux familles et que l’Amérique, malgré les menaces, est un endroit sûr.”

Les policiers, eux, veillent à ce que tout se passe pour le mieux : “Nous n’avons pas d’opinion sur ce qu’ils font en portant cet uniforme , disent-ils en chœur. Malheureusement…”

Les familles, heureusement, n’entendaient pas leur voix et assistaient à la trop longue énumération des noms des disparus. L’émotion se lisait sur leurs visages. Après la cérémonie, les familles ont pu assister à l’inauguration du mémorial du 11 septembre, ouvert au public ce lundi. La foule s’est dispersée dans le calme, autour du site de Ground Zero. D’autres points de ralliement étaient prévus à New York pour continuer à se souvenir des attentats…