Contrition et combativité: retour médiatique réussi pour DSK

Dominique Strauss-Kahn a réussi sa première interview selon des spécialistes de la communication politique qui soulignent que l'ex-patron du FMI, interrogé par Claire Chazal dimanche sur TF1, a été "aussi convaincant que possible", mêlant habilement contrition et combativité.

Contrition et combativité: retour médiatique réussi pour DSK
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AFP

Dominique Strauss-Kahn a réussi sa première interview selon des spécialistes de la communication politique qui soulignent que l'ex-patron du FMI, interrogé par Claire Chazal dimanche sur TF1, a été "aussi convaincant que possible", mêlant habilement contrition et combativité.

"Du point de vue de son cahier des charges - confesser sa faute et se réinsérer si possible dans le jeu politique - DSK a fait du mieux qu'il pouvait faire", relève le politologue Roland Cayrol.

"Il n'a affiché aucun sourire. Il a insisté lourdement sur sa faute morale vis-à-vis des Français. Il est revenu sur sa légèreté. Il a été aussi convaincant que possible", a-t-il ajouté.

"Je l'ai trouvé très convaincant, honnête et courageux. Il a quand même reconnu son erreur et la faute morale. La prestation était très difficile", assure le sociologue Dominique Wolton, tandis que Stéphane Rozès, président du cabinet Cap, relève qu'"il fallait dire qu'il avait +fauté+, il l'a fait, avec une explication où chaque mot était pesé, où l'échange était très huilé. C'était pour lui le seul moyen de renouer avec les Français".

Pour Arnaud Mercier, professeur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Metz, "quand on a vu le visage marmoréen de DSK au début du JT, on s'est dit que cela allait peut-être ne pas bien se passer". "Mais", poursuit-il, "il est parvenu à trouver un équilibre qui était pourtant difficile à trouver: il a fait acte de contrition publique, reconnu une faute morale, mais tout en étant extrêmement combatif, ferme et sûr de lui, en tenant sa ligne de défense juridique".

"Il a été très ferme dans sa posture, très professoral, très démonstratif en brandissant le rapport du procureur à plusieurs reprises", insiste-t-il. L'interview menée par Claire Chazal "a visiblement été très concoctée à l'avance, avec un scénario répété et convenu", souligne par ailleurs Roland Cayrol.

"DSK connaissait visiblement l'ordre des questions", continue-t-il, évoquant "un contrôle permanent" visiblement accepté par la journaliste. Pour le politologue Gérard Grumberg, "c'était clair, mais, en même temps, cela manquait un peu de spontanéité", le tout "avec une tonalité très américaine".

Selon Arnaud Mercier, Claire Chazal, dont les relations amicales avec Anne Sinclair, l'épouse de DSK, avaient été pointées avant l'interview, a adopté "une posture extrêmement pédagogique avec des questions claires et directes".

"Et elle a posé les questions que tout le monde attendait", précise-t-il. Quant au style de l'entretien, il a été "parfaitement fidèle à la ligne" qu'a toujours adoptée la présentatrice: "On sait que ce n'est pas la plus +punchy+. Elle a toujours dit qu'elle n'était pas là pour déstabiliser ses interlocuteurs. Après, cela plaît ou pas".

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