DSK: entre sincérité et indécence

De droite à gauche, les politiques français de tous bords se sont exprimés à la suite de l'interview de DSK. Alors que J.-F. Copé s'est déclaré "profondément choqué" par les allégations de complot, les socialistes du camps Aubry se trouvent quelque peu embarrassés.

DSK: entre sincérité et indécence
©Belga Epa
AP

La prestation de Dominique Strauss-Kahn au 20h de TF1 était "dérisoire et triste", a estimé lundi matin le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, en souhaitant que cette intervention close "une bonne fois pour toutes ce feuilleton qui n'a que trop duré".

Invité d'Europe-1, le chef du parti majoritaire s'est déclaré "profondément" choqué par l'hypothèse d'un piège qui aurait pu être tendu à DSK, une possibilité que l'intéressé n'a pas écartée face à Claire Chazal dimanche soir. "La théorie du complot, ça va bien!" s'est indigné Jean-François Copé. "Je ne peux pas accepter les sous-entendus". Relancé par Jean-Pierre Elkabbach, le patron de l'UMP a lâché: "Je ne veux même pas en parler, c'est ridicule, ça suffit".

"Il est temps maintenant de tourner cette page", a dit le maire de Meaux de l'affaire Strauss-Kahn. "Il est vraiment grand temps maintenant d'entrer dans les sujets de fond".

De son côté, Marine Le Pen n'a vu "aucune spontanéité" dans les déclarations de Dominique Strauss-Kahn. "Les artifices de communication étaient tellement visibles qu'on n'arrivait pas à y croire", a commenté la présidente du Front national (FN), interviewée lundi matin sur LCI.

"Ce ne fut pas convaincant", a également jugé sur son blog l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. "Cette interview ne nous a apporté aucune information, aucune explication", a-t-il remarqué. "La compétence ne pouvait remplacer la sincérité", a souligné le sénateur (UMP) de la Vienne. "Dans ces circonstances, par respect pour toutes et tous, la décence eut été le silence".

Les réactions au PS

Le député (PS) du Pas-de-Calais Jack Lang a, au contraire, estimé que l'intervention de Dominique Strauss-Kahn avait été "pleine d'émotion et de justesse". "Dominique a parlé la langue du coeur, de la vérité et de l'intelligence", considère l'ancien ministre de la Culture dans un communiqué, en saluant la "haute stature intellectuelle et morale" de l'ancien favori socialiste pour la présidentielle.

Les propos de DSK vis-à-vis de Martine Aubry ("mon amie"), sont apparus ambigus à tel point que l'on pourrait penser que la lilloise fasse office de candidate de substitution de DSK. Des dires quelques peu gênant pour Aubry et qui ont fait réagir le "camp Hollande" qui n'avait, assurait ce dernier, passé aucun accord avec Strauss-Kahn. «Au moins on sait qui devait et voulait être candidat dans le pacte. La volonté, l'envie ça ne s'improvise pas après un empêchement», a très vite commenté Bruno Le Roux, l'un des lieutenants de François Hollande.

Dans l'entourage de l'ancien directeur général du FMI, on minimise la portée des propos. «Il était dans un moment où il voulait dire sa vérité, il a dit toute sa vérité», explique-t-on. Pas sûr que le jeu de la primaire n'en soit pas modifié.

Premier des dix candidats à la primaire socialiste à réagir, Arnaud Montebourg a indiqué sur Europe 1 "ne pas avoir été convaincu" par l'intervention de DSK et regrette: "Il aurait pu, il aurait dû présenter des excuses afin que nous puissions parler d'autre chose" a-t-il déclaré. "Mais mon avis importe peu. Ce qui compte, c'est que nous tournions cette page qui n'a pas été seulement l'humiliation d'un homme, mais une humiliation collective et nationale".

Selon le député de Saône-et-Loire, l'ancien directeur général du FMI "devrait s'astreindre à un silence méthodique. Nous avons besoin de pouvoir travailler tranquillement, sans être obligés de commenter un fait divers".

Ségolène Royal est quant à elle restée sur la réserve. Elle a déclaré retenir l'envie de DSK de "tourner la page", "mais aussi l'envie pour le téléspectateur, la téléspectatrice que j'étais, l'envie de tourner maintenant la page, de permettre aux Français de passer à autre chose, d'élever le débat politique", a-t-elle indiqué lundi sur RTL. Et de souligner que "cette émission a permis de clore quelque chose qui nous a beaucoup trop occupés". Quant à savoir si DSK pourrait éventuellement occuper une place dans un gouvernement qu'elle dirigerait, "je pense que ce n'est plus d'actualité", a répondu la présidente de Poitou-Charentes. "C'est non".


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