Dans le monde, la peine de mort recule, mais à petits pas

En 2010, selon les chiffres livrés par le rapport 2011 d’Amnesty International, 527 personnes ont été exécutées dans 23 pays différents (19 en 2009). Il existerait sur toute la planète 17 833 hommes et femmes sous le coup d’une sentence capitale.

Dans le monde, la peine de mort recule, mais à petits pas
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J.-C.M.

En 2010, selon les chiffres livrés par le rapport 2011 d’Amnesty International, 527 personnes ont été exécutées dans 23 pays différents (19 en 2009). Il existerait sur toute la planète 17 833 hommes et femmes sous le coup d’une sentence capitale.

Ces chiffres ne tiennent pas compte de plusieurs milliers d’exécutions qui ont lieu en Chine, Etat qui ne livre pas ses statistiques en la matière. D’autres pays, comme l’Iran et la Corée du Nord, sont par ailleurs soupçonnés de ne pas livrer de données exactes.

Pour autant, relève Amnesty, la peine de mort recule dans le monde. Ces dix dernières années, 30 pays l’ont abolie, soit en droit, soit en pratique. Et ces derniers mois, le mouvement s’est accéléré.

A titre d’exemple, l’Angola et Djibouti viennent d’inscrire la suppression de la peine capitale dans leur Constitution alors que des projets de loi allant en ce sens ont été déposés en Corée du Sud, au Liban, au Mali ou en Mongolie.

Désormais, ce sont 139 pays qui ne pratiquent plus la peine de mort (contre 16 seulement en 1977), 58 demeurant non abolitionnistes. Les exécutions se font de différentes manières allant de la décapitation à la pendaison, en passant par l’électrocution, la fusillade, l’injection d’une substance létale, voire la lapidation.

S’agissant plus particulièrement des Etats-Unis, on a relevé 46 exécutions (45 hommes et 1 femme) en 2010, contre 52 en 2009. Le Texas arrive en tête de ce sinistre hit-parade avec 17 exécutions.

Depuis que la Cour suprême fédérale a levé, en 1976, le moratoire sur la peine de mort, 1 234 personnes ont perdu la vie alors qu’entre 1973 et 2010, 138 condamnés à mort ont été innocentés dans les années qui ont suivi le jugement.

Un chiffre qui donne froid dans le dos et illustre la façon bien souvent chaotique dont se déroulent les procès pénaux dans un pays considéré par certains comme "la plus grande démocratie du monde".

Il y a cependant quelques raisons d’espérer. En 2010, 110 condamnations à mort ont été prononcées aux "States", soit trois fois moins qu’au milieu des années 90. Et le 9 mars 2011, le gouverneur de l’Illinois, Pat Quinn, a fait voter une loi abolissant la peine de mort dans son Etat, devenu le 16e à ne plus la faire entrer dans son arsenal juridique.

John Paul Stevens, ancien juge à la Cour suprême, où il aura passé 35 ans, était un partisan de la peine de mort. Il a pris sa retraite en 2010 et, depuis, a réfléchi à la question. Il estime désormais que la peine de mort est "une cruelle perte de temps". Selon lui , "appliquer la peine capitale, c’est supprimer une vie inutilement en ne contribuant que de manière très minime à des objectifs sociaux ou publics identifiables. Une peine qui apporte des bénéfices si négligeables à l’Etat est manifestement un châtiment excessif et cruel."

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