Champ de bataille à Rome: 70 bessés dont trois graves

Septante personnes ont été blessées, dont trois grièvement, samedi à Rome, lors des violences qui ont opposé éléments incontrôlés et forces de l'ordre en marge de la manifestation des "indignés", a rapporté dans la soirée l'agence de presse italienne Ansa.

AFP
Champ de bataille à Rome: 70 bessés dont trois graves
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Septante personnes ont été blessées, dont trois grièvement, samedi à Rome, lors des violences qui ont opposé éléments incontrôlés et forces de l'ordre en marge de la manifestation des "indignés", a rapporté dans la soirée l'agence de presse italienne Ansa.

Selon un décompte établi par l'agence, 25 personnes ont été traitées dans "un hôpital de campagne" mis en place par les services de secours d'urgence aux abords de la basilique Saint-Jean de Latran, tandis que les 45 autres ont été admises dans les services d'urgence d'autres hôpitaux. Trois sont dans un état grave.

Champ de bataille à Rome

Gaz lacrymogènes, charges de la police, manifestants et touristes apeurés: l'esplanade Saint-Jean de Latran à Rome, point d'arrivée de la manifestation des "indignés" s'est subitement transformée samedi en champ de bataille.

Vers 18H30 (16H30 GMT), des groupes d'inconnus masqués de foulards noirs ou de cagoules continuaient à harceler les forces de l'ordre, jetant pavés, cailloux et fumigènes sur les fourgons de police, qui tentaient de manoeuvrer à toute allure à travers la foule.

Pris d'assaut, l'un de ces véhicules a pris feu au milieu des manifestants.

La police a tenté de charger les "casseurs", semant la panique parmi les manifestants pacifiques qui avaient commencé à arriver sur la place.

Nombre d'entre eux, ainsi que des touristes désemparés, se sont réfugiés sur les marches ou à l'intérieur de la plus ancienne église de Rome, surnommée "la mère" de toutes les églises du monde.

Des dizaines d'autres manifestants quittaient les lieux les bras en l'air afin de ne pas être confondus avec des casseurs. Une jeune fille a été vue le visage en sang.

"Ca me dégoûte. C'est la faute du gouvernement qui a contraint les jeunes à se comporter ainsi. Ils ne nous laissent pas le choix", a commenté Laura, 23 ans.

"C'est incroyable", renchérissait Roberto, 50 ans. Selon lui, la police "a transformé ça (ndlr: une manifestation pacifique contre la précarité et la finance mondiale) en émeute. On aurait pu manifester pacifiquement".

Aux abords de la place, où la circulation n'avait curieusement pas été interrompue, des voitures de luxe ont été accueillies à coups de pierre.

D'autres pratiquaient un véritable slalom entre poubelles et immondices brûlés.

Des manifestants expliquaient aux personnes arrivées dans les parages qu'il était préférable de rebrousser chemin.

Des dizaines de milliers de personnes avaient rejoint la manifestation à Rome dans le cadre de la journée mondiale des "indignés". Mais dès le début du cortège, des groupes d'inconnus ont fracassé les vitrines de deux banques via Cavour à l'aide de panneaux de la circulation, avant de prendre la fuite et se mêler à la foule des manifestants.

Certains ont incendié des voitures et mis le feu à une annexe du ministère de la Défense à deux pas du Colisée.

Le centre de Rome avait été verrouillé dès le matin par la police. Mais celle-ci a protégé en priorité les lieux clés du pouvoir en Italie, tels que la présidence de la République, le siège du Parlement ou la résidence privée du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.