Flamme turkmène

Les Turkmènes vivent dans un pays de Cocagne. Ils bénéficient, entre autres bienfaits, de la gratuité de l’eau, de l’électricité et du gaz. Mais les revenus restent à ce point insuffisants, surtout si l’on habite la province, que les gens laissent volontiers brûler le gaz - gratuit - toute la journée pour économiser les allumettes.

Flamme turkmène
©Olivier Pirard

N’écoutant que son bon cœur, le magnanime et compatissant président du Turkménistan - inspirez ! - Gourbangouly Berdymoukhamedov - expirez ! - a inauguré sur une colline d’Achgabat, la riante capitale de son royaume de conte de fée, un "palais du Bonheur" de quelque 60 000 mètres carrés dont il avait ordonné la construction pour fournir un cadre approprié au mariage de ses administrés. Avec des salles de banquet pouvant accueillir jusqu’à 1 500 convives, un restaurant tournant, un hôtel, des magasins spécialisés, un cinéma et un musée sur les coutumes matrimoniales, ce palais des mille et une nuits de noces est la cerise sur le gâteau d’anniversaire de l’ex-république soviétique d’Asie centrale qui fête ses vingt années d’indépendance.

M. Berdymoukhamedov ne recule devant aucun sacrifice pour améliorer la vie des Turkmènes, et ses fidèles sujets lui en sont gré. Ainsi lui ont-ils spontanément fait décerner, à lui qu’ils appellent affectueusement "Arkadag" ("le Protecteur"), la médaille de "héros du Turkménistan", la plus haute distinction du pays, en reconnaissance "de son insigne contribution aux principes d’indépendance de la République, du renforcement de son autorité internationale, de son apport au développement économique, à la culture, à l’éducation, à la science et au sport".

C’est vrai que les Turkmènes vivent dans un pays de Cocagne, comme le rappelait récemment un article du journal russe "Sobesednik" traduit dans "Le Courrier international". Ils bénéficient, entre autres bienfaits, de la gratuité de l’eau, de l’électricité et du gaz", ce qui n’est pas déraisonnable dans un Etat assis sur une épaisse couche d’hydrocarbures. En revanche, les revenus restent à ce point insuffisants, surtout si l’on habite la province, que les gens laissent volontiers brûler le gaz - gratuit - toute la journée pour économiser les allumettes.