Monti consulte presto

Une semaine d’intense activité politique s’annonce dans une Italie qui se remet à peine de l’abdication de Silvio Berlusconi. Un agenda très serré, près de quatorze rendez-vous avec le paysage fragmenté de la politique italienne, attendait ce lundi, Mario Monti en vue de former un gouvernement.

Monti consulte presto
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Bruno Fella

Une semaine d’intense activité politique s’annonce dans une Italie qui se remet à peine de l’abdication de Silvio Berlusconi. Un agenda très serré, près de quatorze rendez-vous avec le paysage fragmenté de la politique italienne, attendait ce lundi, Mario Monti en vue de former un gouvernement qu’il veut pouvoir mener jusqu’au terme de la législature, en 2013. Le nouveau sénateur à vie, honneur qui lui a été opportunément accordé le 9 novembre dernier, a entamé, comme l’a avoué le président italien Giorgio Napolitano, "une phase délicate et cruciale".

En deux jours, Mario Monti doit rencontrer tous les partis pour présenter au plus vite un gouvernement dit de "techniciens". Déjà, en une période d’incertitude politique et de décisions impopulaires à gérer, de janvier 1995 à mai 1996, Lamberto Dini, ex-directeur de la Banque d’Italie, avait mis sur pied un semblable gouvernement composé d’experts et de fonctionnaires.

Le cadre devrait être à nouveau celui-ci et déjà des noms circulent (recteurs d’université, hauts magistrats ) Mais, d’après les premiers échos des consultations, l’ex-commissaire européen envisagerait de mouiller également la classe politique. Si Mario Monti peut compter au moins sur le soutien externe des deux principaux poids lourds italien, la formation de Silvio Berlusconi et son rival le Parti démocrate, il arrivera difficilement à obtenir d’eux une part active dans un gouvernement qui sent bon le sang et les larmes chers à Churchill.

C’est vers un inéluctable programme de sacrifices et de rigueur que s’achemine le programme de l’exécutif en gestation, même si, de l’avis de ceux qui ont rencontré hier Mario Monti, celui-ci s’est montré pour le moins vague en la matière. D’où les précoces réserves de l’ancien juge anti-corruption Antonio Di Pietro et de son parti l’Italie des valeurs, qui attendent la présentation en bonne et due forme du programme au Parlement. Celle-ci ne devrait pas tarder. Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés, évoquant un vote de confiance d’ici vendredi.