Mario Monti ne "voit pas de raison de modifier" le mandat de la BCE

Le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti a déclaré vendredi qu'il ne voyait "pas de raison de modifier" le mandat de la Banque centrale européenne (BCE), soumise à des pressions, notamment de la France, pour intervenir davantage face à la crise de la dette.

Mario Monti ne "voit pas de raison de modifier" le mandat de la BCE
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Le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti a déclaré vendredi qu'il ne voyait "pas de raison de modifier" le mandat de la Banque centrale européenne (BCE), soumise à des pressions, notamment de la France, pour intervenir davantage face à la crise de la dette.

Au cours d'une conférence de presse, M. Monti a souligné que les décisions de la BCE étaient prises "comme nous le savons dans le cadre d'une architecture actuelle institutionnelle européenne que personnellement, je ne vois pas de raison de modifier".

Ces décisions font "l'objet d'évaluations et de commentaires", mais en respectant "la division des responsabilités qui existe entre autorités politiques et autorités monétaires", a ajouté M. Monti, qui a rencontré le président de la BCE, son compatriote Mario Draghi, samedi à la veille de sa désignation à la tête du gouvernement italien.

Alors qu'un journaliste lui demandait si l'action de la BCE face à la crise serait l'un des thèmes de sa rencontre jeudi à Strasbourg (est de la France) avec le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, M. Monti a indiqué qu'il n'y avait "pas d'ordre du jour".

"Il m'est difficile de dire de quoi nous parlerons mais je vous assure que ce sera de choses très importantes pour le comportement de la zone euro", a-t-il poursuivi.

La BCE a réaffirmé vendredi, par la voix de Mario Draghi, qu'elle ne se porterait pas davantage au secours de la zone euro, malgré les pressions exercées notamment par Paris, pour des questions de mandat et de crédibilité, adoptant la même ligne que Berlin.

L'institution de Francfort rachète notamment depuis début août de la dette italienne sur le marché obligataire afin de calmer les tensions. Mais malgré ces rachats, les craintes des investisseurs à l'égard de l'Italie ont propulsé ses taux d'emprunt à dix ans à 7%, un niveau jugé insoutenable sur la durée en raison de la dette colossale de 1.900 milliards d'euros (environ 120% du PIB) du pays.