Président des Etats-Unis: Offre d’emploi

A en juger par les sondages qui se succèdent depuis plusieurs mois, les électeurs du parti républicain paraissent prêts à jeter leur dévolu sur n’importe qui. Après Perry, McCain et Gingrich, qui ? Le médecin de Michael Jackson ? Le petit-fils d’Al Capone ? L’inventeur du daïquiri à la fraise des bois ? Pourquoi ne pas rappeler tout simplement George W. Bush ?

Président des Etats-Unis: Offre d’emploi
©AP

Si vous êtes né aux Etats-Unis, vous pouvez sérieusement songer à poser votre candidature à la présidence de ce beau et grand pays car vous remplissez la seule condition qui semble nécessaire (mais est indispensable, aux termes de la Constitution américaine) pour prétendre à l’investiture du Parti républicain pour l’élection de novembre 2012. A en juger par les sondages qui se succèdent depuis plusieurs mois, les électeurs de ce parti paraissent, en effet, prêts à jeter leur dévolu sur n’importe qui.

Leur candidat préféré était au départ le gouverneur du Texas Rick Perry mais, depuis que le gaillard a eu un trou de mémoire désopilant lors d’un débat télévisé (il ne parvint jamais à se rappeler quels ministères il allait supprimer une fois parvenu à la Maison-Blanche), son étoile n’a cessé de pâlir.

C’est un self-made-king de la pizza, Herman Cain, qui lui a alors ravi la vedette. Las ! L’alter ego de Barack Obama chez les Républicains (Cain est noir, mais là s’arrête la comparaison) a lui aussi des problèmes de mémoire. Il lui faut à la fois se souvenir de ce qu’il faisait quand il présidait l’Association nationale des restaurateurs (quatre ex-employées l’accusent de harcèlement sexuel, au risque de le faire passer pour un Dominique Strauss-Cain aux petits pieds), et savoir ce qui s’est passé - plus récemment - en Libye, situation sur laquelle un quotidien de Milwaukee, dans le Wisconsin, a vainement tenté de l’interroger il y a peu.

Exit donc Herman Cain dans le cœur des électeurs républicains qui, maintenant, ne jurent plus que par Newt Gingrich. Un sondage Reuters/Ipsos le créditait dimanche de 24 % des intentions de vote contre 12 % à Cain et 10 % à Perry. Gingrich, 68 ans, eut, certes, son heure de gloire. Il fut l’architecte du raz de marée électoral de 1994 qui amena une majorité républicaine à la Chambre après quarante ans de domination démocrate. L’exploit lui valut d’être sacré "homme de l’année" par le magazine "Time", mais, pour le Speaker de la Chambre, la roche Tarpéienne fut proche du Capitole. Il conduisit son parti au naufrage en 1998 après avoir paralysé le gouvernement dans un absurde bras de fer budgétaire. Et le voici maintenant qui avoue avoir touché près de deux millions de dollars pour des missions de consultant auprès du géant du crédit immobilier Freddie Mac, une des sociétés responsables de la crise des subprimes.

Alors, après Gingrich, qui ? Le médecin de Michael Jackson ? Le petit-fils d’Al Capone ? L’inventeur du daïquiri à la fraise des bois ? Pourquoi ne pas rappeler tout simplement George W. Bush ?