Affaire Bettencourt: Banier et son compagnon inculpés

La justice française a prononcé mercredi les toutes premières mises en examen (inculpations) dans l'affaire Liliane Bettencourt, celles du photographe François-Marie Banier et de son compagnon, soupçonnés d'avoir abusé de la faiblesse de l'héritière de l'Oréal pour s'enrichir.

Affaire Bettencourt: Banier et son compagnon inculpés
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AFP

La justice française a prononcé mercredi les toutes premières mises en examen (inculpations) dans l'affaire Liliane Bettencourt, celles du photographe François-Marie Banier et de son compagnon, soupçonnés d'avoir abusé de la faiblesse de l'héritière de l'Oréal pour s'enrichir.

François-Marie Banier et Martin d'Orgeval ont été mis en examen mercredi après-midi par un juge d'instruction de Bordeaux Jean-Michel Gentil, et ont ensuite été laissés libres sous contrôle judiciaire, ont indiqué leurs avocats, Mes Pierre Cornut-Gentille et Jean-Alain Michel.

La tentaculaire affaire Bettencourt, qui a pris ces deux dernières années une dimension politique et fiscale, revient ainsi à ses origines, à savoir un différend familial entre la milliardaire âgée de 89 ans et sa fille unique, Françoise Bettencourt-Meyers.

Cette dernière a longtemps accusé François-Marie Banier, artiste et photographe mondain très introduit dans le tout-Paris, d'avoir bénéficié indûment des largesses de sa mère, dont elle affirmait qu'elle n'avait plus toute sa tête. Le chiffre d'un milliard d'euros avait même été avancé pour évaluer les dons et divers cadeaux offerts à Banier par l'héritière du numéro un mondial des cosmétiques, qui disait apprécier sa compagnie et être en totale possession de ses moyens.

Un accord était cependant intervenu en décembre 2010, aux termes duquel il renonçait à des contrats d'assurance-vie d'un montant de 700 millions d'euros et s'engageait à ne plus fréquenter la milliardaire.

Mais l'enquête judiciaire a été relancée par des expertises médicales effectuées en juin de cette année. Elles ont établi que Liliane Bettencourt souffrait d'"une maladie d'Alzheimer à un stade modérément sévère" et qu'elle était la proie d'un "processus dégénératif cérébral lent et progressif".

Selon leurs avocats, les deux hommes ont contesté les faits, et affirmé que les cadeaux de Liliane Bettencourt avaient été offerts de plein gré.