L’opposition réduite au silence

Le pluralisme du paysage radiophonique hongrois a été sérieusement mis a mal mercredi. L’unique radio d’opposition du pays, Klubradio, a perdu sa fréquence sur la décision du Conseil des médias (NMHH). "Je n’en reviens pas, je n’aurais jamais cru qu’une radio qui existe depuis 10 ans, écoutée par un demi-million de personnes, puisse être traitée de telle sorte", a déclaré Andras Arato, directeur de Klubradio, lors d’une interview accordée dans la soirée à la chaîne de télévision commerciale ATV.

St. G.

Le pluralisme du paysage radiophonique hongrois a été sérieusement mis a mal mercredi. L’unique radio d’opposition du pays, Klubradio, a perdu sa fréquence sur la décision du Conseil des médias (NMHH). "Je n’en reviens pas, je n’aurais jamais cru qu’une radio qui existe depuis 10 ans, écoutée par un demi-million de personnes, puisse être traitée de telle sorte", a déclaré Andras Arato, directeur de Klubradio, lors d’une interview accordée dans la soirée à la chaîne de télévision commerciale ATV.

Le Conseil des médias hongrois a décidé d’attribuer la fréquence de Klubradio à Autoradio, un média audio totalement inconnu, et qui sera sans doute moins critique. "L’appel d’offres pour le renouvellement de la fréquence était conçu d’une manière cynique", car "l’évaluation subjective du projet de programmes valait 20 % des points des offres soumises par les radios candidates", a souligné M. Arato.Klubradio peut continuer à émettre jusqu’au mois de mars et Andras Arato a indiqué qu’il "essayerait de trouver une solution, peut-être avec un soutien de l’extérieur" .

Le Conseil des médias (NMHH), proche du gouvernement conservateur de Viktor Orban, s’apprête à célébrer le premier anniversaire de la loi controversée qui l’a mis en place, le 1er janvier 2011. Les journalistes de la télévision publique hongroise poursuivent une grève de la faim, depuis le 10 décembre, pour protester contre la manipulation d’informations. Lundi, la Cour constitutionnelle hongroise a annulé certaines dispositions de la loi sur les médias, qui obligeaient les journalistes à révéler leurs sources et à fournir des informations au NMHH.

L’organe de supervision de la presse, est, une fois de plus, l’objet de vives critiques de la part de pratiquement toutes les institutions internationales, dont l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation des Nations unies (Onu), de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG), et l’Union européenne. "Cette interdiction met en lumière les effets dévastateurs de la loi sur les médias, donnant des droits exclusifs pour le gouvernement dans la supervision les médias", a déclaré le vice-président du groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, Hannes Swoboda. "Je trouve cela extrêmement inquiétant, s’est désolée la vice-présidente du Parlement européen Isabelle Durant (Verts/ALE), Ces dérives dans les médias vont à l’encontre des principes démocratiques de base de l’Union européenne."