L'islam, sujet d'empoignades pour la présidentielle?

Le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant souhaite que l'élection présidentielle de 2012 ne soit pas prétexte à des "empoignades" au sujet de l'islam, la deuxième religion en France en nombre de fidèles, dans une interview au quotidien Le Monde daté de mardi.

AFP
L'islam, sujet d'empoignades pour la présidentielle?
©Bernard Demoulin

Le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant souhaite que l'élection présidentielle de 2012 ne soit pas prétexte à des "empoignades" au sujet de l'islam, la deuxième religion en France en nombre de fidèles, dans une interview au quotidien Le Monde daté de mardi.

M. Guéant, réputé pour sa fermeté sur les questions de l'immigration et dont le ministère est également en charge des questions religieuses, a mis en oeuvre une loi récente interdisant le port du voile intégral dans la rue et pris des mesures pour interdire les prières dans les rues.

"Dès avant l'été, j'ai marqué mon souci que les problèmes se posant à propos de l'islam, comme les prières de rue, soient réglés bien en amont des élections présidentielle et législatives (d'avril et mai prochains). Je ne veux pas que ce thème soit un sujet d'empoignades", dit-il.

"La laïcité fait que les religions se vivent de façon discrète en France" et "le devoir d'un gouvernement est de faire en sorte de résorber les tensions et de maintenir l'harmonie entre les diverses composantes de la société", justifie le ministre.

La place de l'islam en France avait été au coeur de débats sur l'identité nationale et sur la laïcité lancés en 2010 et 2011 par la majorité au pouvoir, notamment pour tenter de couper l'herbe sous le pied à l'extrême droite.

M. Guéant estime à "4 millions dont 800.000 pratiquants" le nombre de musulmans en France et fait la distinction entre une religion "ouverte, tolérante, pleinement insérée dans notre société" et "l'islam radical" qu'il qualifie d'"intolérable".

A propos de l'interdiction du voile intégral, il précise que "depuis le mois d'avril, 286 contrôles ont été effectués, qui ont donné lieu à 237 verbalisations. Ces procédures ont débouché sur six jugements, entraînant six condamnations à une amende".

Il souligne que "près du quart des personnes contrôlées sont des converties. On peut y voir une volonté d'afficher une identité nouvelle, mais aussi une certaine provocation", estime-t-il.

Claude Guéant souligne aussi la nécessité de "réagir" "face à la montée de discours radicaux".

"Lorsqu'un imam se laisse aller à des prêches antisémites, anti-occidentaux ou discriminatoires, et qu'il est de nationalité étrangère, nous mettons en oeuvre une procédure d'expulsion", dit-il, indiquant qu'une telle procédure "est actuellement envisagée à l'encontre d'un imam (qu'il n'a pas nommé, NDLR), et devrait déboucher courant janvier".