Mgr Ries retrouve son centre à l’UCL

Si les athées parleront d’un bel hasard, il ne fait pas de doute que les promoteurs du Centre d’Histoire des religions - qui vient de renaître de ses cendres à l’UCL - ne manqueront pas de remercier la Providence que ce renouveau se produise au moment même où son père fondateur sera créé cardinal dans trois semaines à Rome. Mgr Julien Ries, futur et second cardinal belge à côté de Godfried Danneels - car c’est de lui qu’il s’agit - était le plus heureux des hommes, samedi, au Sénat académique de Louvain-la-Neuve, où en présence du nonce apostolique, Mgr Giacinto Berloco, l’on relançait en grande pompe et dans un environnement scientifique du meilleur aloi son plus bel enfant qui fit la gloire de l’UCL pendant vingt ans jusqu’à ce qu’en 1989, les autorités académiques profitent de son départ à l’éméritat pour curieusement le supprimer.

Christian Laporte

Si les athées parleront d’un bel hasard, il ne fait pas de doute que les promoteurs du Centre d’Histoire des religions - qui vient de renaître de ses cendres à l’UCL - ne manqueront pas de remercier la Providence que ce renouveau se produise au moment même où son père fondateur sera créé cardinal dans trois semaines à Rome. Mgr Julien Ries, futur et second cardinal belge à côté de Godfried Danneels - car c’est de lui qu’il s’agit - était le plus heureux des hommes, samedi, au Sénat académique de Louvain-la-Neuve, où en présence du nonce apostolique, Mgr Giacinto Berloco, l’on relançait en grande pompe et dans un environnement scientifique du meilleur aloi son plus bel enfant qui fit la gloire de l’UCL pendant vingt ans jusqu’à ce qu’en 1989, les autorités académiques profitent de son départ à l’éméritat pour curieusement le supprimer.

Ce couac était malvenu au moment où malgré la sécularisation, le spirituel revenait au galop, mais il appartient désormais au passé. Le recteur Delvaux, présent à la séance académique, a, en insistant sur l’importance sociétale des religions, indiqué que celles-ci, à la fois facteurs de sens et sources possibles de divisions, "doivent être analysées avec méthode, rigueur et objectivité". Bruno Delvaux était d’autant plus heureux "que l’âme de ce centre était présent à sa réouverture". Mieux son avenir est assuré, de par le soutien de l’UCL, mais aussi parce qu’il collaborera avec le nouvel Institut qui y focalise ses recherches sur les religions dans nos sociétés. Comme l’a souligné ensuite son nouveau président, René Lebrun, le Centre d’Histoire des religions, qui avait été érigé en asbl après 1989, peut parfaitement s’inscrire dans les réformes de l’université initiées par l’actuel recteur qui a confié l’enseignement aux facultés tout en encourageant la création d’Instituts pour la recherche.

Comment réinsérer les axes de recherches du CHIR qui vont de l’étude des grandes religions actuelles et de leurs lointains prédécesseurs à leurs dimensions philosophiques, sociologiques, juridiques, littéraires ou encore anthropologiques bien contemporaines ? L’Institut Religions, Spiritualités, Cultures, Sociétés, créé sous la houlette de l’abbé Jean-Pierre Delville, y répond clairement. Ainsi, la thèse de l’"Homo religiosus" de Julien Ries, selon laquelle il y aurait un lien entre toutes les convictions à la source, pourra-t-elle toujours être approfondie à l’UCL. L’hypothèse n’a rien de ringard, car elle a poussé l’Eglise catholique à penser au-delà de ses frontières traditionnelles. Mais elle est aussi reconnue officiellement d’une certaine manière par l’honneur fait à Julien Ries. En même temps, la grande tradition belge d’étude de l’Histoire des religions connaîtra aussi un "revival" intéressant. René Lebrun n’a pu qu’associer Julien Ries à deux très grands noms d’hier, Franz Cumont et Eugène Goblet d’Alviella. D’autant plus que le futur cardinal a aussi exporté ses grandes connaissances à l’Université du Sacré-Cœur de Milan. Pour René Lebrun, "le climat est redevenu positif à l’UCL grâce au nouvel Institut sous la direction de l’abbé Delville, mais aussi grâce à l’intérêt manifesté par l’Institut des études européennes et son président Vincent Dujardin".

Et maintenant ? Il est bien connu que qui trop embrasse mal étreint. Aussi, "les recherches et travaux s’orienteront principalement sur l’Antiquité méditerranéenne et l’Histoire de l’Eglise". En outre, "comme les chercheurs du Centre se réclament de la grande tradition belge en Histoire des religions, il s’agira avant tout de publier et d’étudier philologiquement les textes. Et aussi d’analyser méthodiquement les monuments religieux, de situer correctement ceux-ci dans leur contexte historique. Ces travaux constituent ainsi la base de tout travail anthropologique, juridique, philosophique et théologique".

Un joli programme approuvé par le futur cardinal qui sera consacré évêque dans sa paroisse de Villers-Saint-Amand près de Ath, le samedi 11 février, avant de recevoir la barrette des mains du Pape une semaine après.