Caroline Fourest remporte un Y'a bon award et contre-attaque

Créés en 2009 par l'association Les Indivisibles, les "Y'a bon awards" distinguent les pires déclarations xénophobes ou racistes tenues par des personnalités. Lauréate cette année, Caroline Fourest conteste et clame son antiracisme.

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Caroline Fourest remporte un Y'a bon award et contre-attaque
©printscreen France 2

Le principe de cette distinction créée en 2009 à l'initiative de la militante et chroniqueuse Rokhaya Diallo n'a rien de très transparent. Pour Nolwenn Le Blevennec, sur le site d'information Rue89, il se peut même que les choix contestables de cette année annoncent son inévitable déclin.

Lundi dernier, la journaliste Caroline Fourest (Le Monde, France Culture) a en effet obtenu le Y'a bon Award de la catégorie des "experts chronikers" pour avoir dénoncé, le 11 décembre 2010, des "associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes, voilées, pour en plus lever des fonds pour le Hamas".

"Les Y'a bon Awards déshonorent l'antiracisme"

En réaction à la nouvelle, la chroniqueuse, qui se définit comme "antiraciste", s'en est indignée dans une note de blog intitulée "Les Y'a bon Awards déshonorent l'antiracisme", dont voici un extrait:

"Décerner un prix du racisme à une antiraciste. N'est-ce pas un peu gros? Vous connaissez la formule, un peu modifiée. Les salauds osent tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît".

Caroline Fourest s'en est ensuite pris à Rokhaya Diallo et rappelle d'ailleurs que cette dernière a collaboré avec le département d'Etat américain dans le cadre de l'International Visitor Leadership (un programme, ressemblant un peu à une campagne de propagande, créé pendant la guerre froide et à l'origine destiné à faire mieux connaître les Etats-Unis sur les autres continents), "et ce malgré ses liens avec les Indigènes de la République et leurs alliés islamistes."

Toujours selon Rue89, elle dénonce avec virulence dans son billet la partialité de certains membres du jury (elle n'en mentionne en fait que 4 sur 14).

"La complicité de certains membres du jury ne m'étonne guère : Jean Baubérot (pape des accommodements raisonnables à la canadienne), Frédéric Martel (qui a juré de me faire payer une chronique sur Martine Aubry et va jusqu'à me traiter de sarkozyste pour tenter de me discréditer... On rêve ! ), un journaliste de Politis qui trouve que j'ai eu tort de dénoncer le double discours de Tariq Ramadan, et bien sûr, la spécialiste de l'amalgame féminisme = racisme : Nacira Guénif (auteure d'un livre pro-voile hallucinant sur les ' Féministes et le garçon arabe')."

Diffamation, incitation à la haine...

La journaliste juge d'ailleurs que les propos qui lui sont reprochés s'inscrivaient au contraire dans un "discours sur l'égalité" et ont été volontairement sortis de leur contexte. Elle a donc annoncé qu'elle portait plainte contre l'association et les membres de ce jury, "pour diffamation et injure voire pour incitation à la haine".

Début février, lors d'une conférence-débat à l'ULB sur l'extrême-droite, Caroline Fourest, co-auteure d'un ouvrage sur Marine Le Pen, avait été insultée par un groupe d'intégristes musulmans. L'un des étudiants perturbateurs, Souhail Chichah, avait même appelé à la "lapidation" de la chroniqueuse sur son compte Facebook. Finalement Caroline Fourest avait dû être évacuée.