Édito: L’imagination au pouvoir

Les Français votent dimanche. Leur président guidera, pour cinq ans, la République. Il aura les coudées franches, la Constitution le dotant de vastes prérogatives.

Édito: L’imagination au pouvoir
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Les Français votent dimanche. Leur président guidera, pour cinq ans, la République. Il aura les coudées franches, la Constitution le dotant de vastes prérogatives. A condition bien entendu d’engranger, dans un mois, une confirmation lors des législatives et de disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale.

Le poignet libre, il aura l’opportunité d’esquisser un destin à son pays.

A les entendre et à les regarder, les deux candidats semblent pourtant s’ancrer dans le passé, la nostalgie, les lointaines racines ou le révolu. Le général de Gaulle est invoqué perpétuellement. François Mitterrand est mimé continuellement. Comme elle se rejoue les mêmes pièces, relit les mêmes lignes, regarde les mêmes toiles, écoute les mêmes chansons, la France s’inspire perpétuellement des mêmes souffles.

Le trait est forcé certes, mais, même atténué, il ligature toute réelle vision du futur.

Là où l’un agite les lendemains en guise d’épouvantail, l’autre paraphrase un chanteur mélancolique pour énumérer des mesurettes.

Trop souvent, les discours se sont lamentés d’avoir tout essayé, de l’existence de champs d’action où "papa président" n’est pas seul à trancher, ou d’une responsabilité à laquelle on s’estime étranger.

La société française n’est plus ni celle de 1958, ni celle de 1981. Se montrer digne, pour son futur dirigeant, de ce que ses aînés ont réalisé ne signifie ni le reproduire à la lettre, ni même se demander ce qu’ils auraient fait eux. Pas question d’une table rase, rassurez-vous, une page blanche suffirait.

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