Les places seront chères dans le gouvernement Hollande

Pendant sa campagne, François Hollande est resté très discret sur la composition du futur exécutif, ne voulant pas donner l'impression que les socialistes se répartissaient les postes avant d'avoir gagné l'élection.

AFP
Les places seront chères dans le gouvernement Hollande
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Ancienne et nouvelle générations de la gauche française se positionnaient lundi pour prendre les postes clés du nouveau pouvoir, au lendemain de l'élection de François Hollande, Jean-Marc Ayrault faisant figure de favori pour devenir son Premier ministre.

Pendant sa campagne, François Hollande est resté très discret sur la composition du futur exécutif, ne voulant pas donner l'impression que les socialistes se répartissaient les postes avant d'avoir gagné l'élection.

Il va d'abord choisir son Premier ministre avec qui il composera ensuite un gouvernement qui devra tenir compte notamment de la parité hommes-femmes promise, des tendances internes du Parti socialiste et de l'intégration de partis alliés dans la perspective des législatives des 10 et 17 juin.

La gauche n'ayant plus été au pouvoir depuis le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), le futur gouvernement devrait comporter de nombreuses têtes nouvelles, quitte à faire des déçus parmi les anciens.

"Il faut mêler l'expérience et le renouvellement", a estimé l'ancien Premier ministre de François Mitterrand Laurent Fabius qui se verrait bien au ministère des Affaires étrangères, tout comme Pierre Moscovici ancien ministre des Affaires européennes.

Pour le poste de Premier ministre, un fidèle de François Hollande, Jean-Marc Ayrault tenait fortement la corde, même s'il n'a aucune expérience gouvernementale, tout comme le nouveau président.

Député-maire de Nantes (ouest), Jean-Marc Ayrault, 62 ans, a l'avantage de connaître parfaitement le Parlement où il préside le groupe socialiste depuis 1997 et y bénéficie d'une image plutôt consensuelle.

Ce germanophile, professeur d'allemand, pourrait aussi faciliter les négociations avec Angela Merkel sur la relance d'une Europe que François Hollande veut tournée vers la croissance.

La victoire, finalement assez étroite de François Hollande avec 51,62% des voix, plaide aussi pour un profil plutôt modéré, ce qui défavorise Martine Aubry, la patronne du PS, souvent citée avant l'élection. La maire de Lille (nord), qui fut numéro deux du gouvernement Jospin, n'a en outre jamais entretenu de bonnes relations avec François Hollande.

Un outsider pour le poste est Manuel Valls, 49 ans, qui a joué un rôle clé dans la campagne de François Hollande, même s'il est cité plus souvent comme ministre de l'Intérieur.

Pour le reste du gouvernement, François Hollande a prévu quinze grands pôles ministériels, plus des ministres délégués.

L'un de ses proches, Michel Sapin, parfois cité comme Premier ministre, pourrait se retrouver aux Finances, poste qu'il a déjà occupé, ou à la Justice.

Certains postes semblent déjà attribués, comme celui de la Défense pour Jean-Yves Le Drian qui a préparé le sommet de l'Otan des 20-21 mai ou l'Education pour l'eurodéputé Vincent Peillon.

Arnaud Montebourg, représentant de l'aile gauche du PS et partisan d'un protectionnisme européen, pourrait s'occuper de la "réindustrialisation" du pays, priorité du nouveau président.

Côté femmes, on parle de Marisol Touraine aux Affaires sociales et d'une nouvelle génération mise en avant pendant la campagne par François Hollande: les porte-parole Delphine Batho, Najat Vallaud-Belkacem ou la députée Aurélie Filippetti.

L'ancienne compagne du président élu, Ségolène Royal, ne devrait pas intégrer le gouvernement, mais vise la présidence de l'Assemblée nationale.

Enfin il faudra faire une place aux partis alliés, comme aux Verts et à leur patronne Cécile Duflot.

Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et ses alliés communistes ont déjà dit qu'ils ne participeraient pas à un gouvernement socialiste.

Le président doit aussi composer son cabinet proche avec les postes stratégiques de secrétaire général de l'Elysée et de conseiller diplomatique pour lesquels il peut puiser dans un vivier de hauts fonctionnaires proches de la gauche.