Une "loi spéciale" pour juguler le conflit étudiant

Immédiatement après le vote, la chef de l'opposition Pauline Marois, qui dirige le Parti Québécois qui avait mené une intense campagne contre ce projet de loi, a parlé "d'un des jours les plus sombres pour la démocratie québécoise".

afp
Une "loi spéciale" pour juguler le conflit étudiant
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Le parlement québécois a adopté vendredi une "loi spéciale" présentée par le gouvernement du Premier ministre Jean Charest destinée à mettre fin au conflit étudiant qui dure dans la province depuis 14 semaines et très critiquée pour les limitations aux libertés qu'elle apporte.

Ce texte, approuvé par 68 voix pour et 48 contre, restreint notamment le droit de manifester et prévoit de lourdes amendes pour les contrevenants.

Immédiatement après le vote, la chef de l'opposition Pauline Marois, qui dirige le Parti Québécois qui avait mené une intense campagne contre ce projet de loi, a parlé "d'un des jours les plus sombres pour la démocratie québécoise" et d'une "loi-matraque pour faire taire les Québécois", tout en appelant les citoyens à respecter le texte voté par le parlement provincial.

La loi restreint le droit de manifester sans accord préalable avec la police et interdit tout rassemblement à moins de 50 mètres des établissements scolaires.

Elle prévoit aussi de très lourdes amendes pour les organisateurs de manifestations destinées à empêcher le fonctionnement normal des universités, un individu s'exposant à une amende de 1.000 à 5.000 dollars par jour, tandis qu'une association d'étudiants risque une amende de 25.000 à 125.000 dollars par jour et le double en cas de récidive.

Le conflit a commencé début février, les étudiants se mettant en grève pour protester contre la hausse des frais de scolarité.