Édito: Silence, on tue

Il est un peuple qui n’a pas eu le coup de chance des Tunisiens. Il l’a provoquée avec la même audace, pourtant. Ce peuple ne connaît pas le succès des Egyptiens. Il possède la même détermination, pourtant. Ce peuple est, comme les Libyens, tenu en respect par les armes et la peur.

Édito: Silence, on tue
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Il est un peuple qui n’a pas eu le coup de chance des Tunisiens. Il l’a provoquée avec la même audace, pourtant. Ce peuple ne connaît pas le succès des Egyptiens. Il possède la même détermination, pourtant. Ce peuple est, comme les Libyens, tenu en respect par les armes et la peur. Son dirigeant suprême ne suscite pourtant pas la même unanimité contre lui au Conseil de sécurité de l’Onu. Le printemps arabe a débuté il y a plus d’un an. Depuis 14 mois, les Syriens manifestent pour plus de démocratie. Depuis, ils meurent au rythme des canonnades sur des quartiers résidentiels, des bombardements aveugles, des explosions et des attentats que l’on ne sait pas toujours à qui attribuer.

Les 13 000 morts recensés à ce jour n’ont cure de savoir qui a commis le crime. Leurs proches ont non seulement droit à la justice, c’est-à-dire que l’on identifie et condamne les coupables, mais ils ont avant tout le droit de vivre sans risquer leur vie chaque jour.

Sans minimiser le rôle des observateurs de l’Onu, force est de constater que leur présence ne dissuade personne de quoi que ce soit. Ils peuvent constater que des enfants perdent la vie à coups de fusil ou d’obus. Mais ils n’ont aucune certitude quant à l’identité des meurtriers, l’opposition utilisant les mêmes armes que le régime.

Une enquête indépendante doit être menée sans délai. Le régime d’Assad a tout à gagner à favoriser son travail. Sans quoi une résolution de l’Onu autorisant le recours à la force pourrait être l’étape suivante. L’époque où l’on regardait les peuples martyrisés en silence est révolue.

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