Le président Assad a reçu l'émissaire Kofi Annan

De leur côté, les 15 membres du Conseil, y compris la Russie alliée de la Syrie, condamnent le massacre de Houla qui a fait au moins 108 morts. Pendant ce temps, une autre attaque était menée à Hama...

AFP
Le président Assad a reçu l'émissaire Kofi Annan
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Le président syrien Bachar al-Assad a reçu mardi matin le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, a rapporté l'agence de presse officielle Sana. "Le président Assad reçoit l'émissaire de l'ONU Kofi Annan", a indiqué Sana.

A son arrivée lundi à Damas, pour sa deuxième visite depuis sa désignation comme émissaire international pour la Syrie il y a trois mois, M. Annan s'est dit "horrifié" par le massacre qui a fait plus de 100 morts dont de nombreux enfants vendredi et samedi dans la localité de Houla (centre).

"Ceux qui sont responsables de ces crimes brutaux devront en répondre", a-t-il lancé à propos de cette tuerie qui a mis encore un peu plus en péril son plan de paix et conduit le Conseil de sécurité à condamner Damas.

Dimanche, le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé "une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel" de Houla, dans une déclaration adoptée à l'unanimité à l'issue d'une réunion d'urgence à New York.

Lors de son séjour à Damas, M. Annan doit rencontrer également "des représentants de l'opposition et de la société civile" et le général Robert Mood, chef de la mission des observateurs en Syrie, a indiqué Ahmad Fawzi, son porte-parole.

Des manifestations massives se sont déroulées pour le troisième jour consécutif pour dénoncer le massacre de Houla. A Habite, dans la province d'Idleb (nord-ouest), une banderole proclamait "L'ONU nous tue", témoignant de la colère grandissante des militants contre la communauté internationale accusée d'inaction.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les autorités pour l'attaque à Houla, dénonçant dans une déclaration adoptée à l'unanimité "des bombardements par les chars et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel". Le Conseil a exigé que Damas cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes et qu'il retire ses forces des villes, conformément au plan Annan.

Les 15 pays membres ont réaffirmé leur soutien aux efforts de l'émissaire et l'ont chargé de transmettre "dans les termes les plus clairs" leurs exigences au gouvernement syrien.

La Russie, alliée de Damas, s'est jointe à ses 14 partenaires, avant d'estimer que les "deux parties", régime et rebelles, étaient impliquées dans le massacre, arguant de la présence de blessures à bout portant en plus des tirs d'artillerie.

Moscou, sous une pression croissante pour lâcher Damas, a pris ses distances, tout en accusant certains pays d'alimenter les violences en visant avant tout un changement de régime à Damas.

"Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons le plan de Kofi Annan", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, soulignant qu'il était plus important de "mettre fin à la violence" que de "se préoccuper de qui est au pouvoir en Syrie".

Le président français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont convenu d'"accroître la pression" sur M. Assad et confirmé la prochaine tenue à Paris de la troisième conférence des "Amis du peuple syrien". Lundi soir, le pape Benoît XVI a exprimé sa "douleur" et son "extrême préoccupation" à propos du massacre et souhaité que les communautés religieuses s'engagent à "coopérer mutuellement" pour ramener la paix.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a réclamé aux pays qui le soutiennent de lui fournir des "moyens efficaces d'autodéfense" pour faire face à la répression.

Il a déploré que le Conseil de sécurité ait publié "une déclaration non contraignante au moment où des enfants étaient massacrés au vu et au su du monde entier", dénonçant "un acte de complaisance honteux". Damas a de son côté nié "totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste". p> Téhéran et Pékin, qui soutiennent Damas, ont condamné ce carnage, tout en estimant qu'il fallait identifier les responsables, tentant ainsi d'exonérer les autorités.

Une commission conjointe armée-justice, chargée par Damas d'enquêter sur ces violences, doit publier ses conclusions mercredi. Human Rights Watch a réclamé une enquête de l'ONU, estimant que "tant que les combattants peuvent opérer en toute impunité, les horreurs en Syrie vont continuer".

L'Arabie saoudite a "vivement dénoncé" le massacre, soulignant "l'importance pour la communauté internationale d'assumer ses responsabilités et d'arrêter l'effusion de sang".

Après le massacre de Houla, le plan Annan en six points, prévoyant, outre une trêve, un dialogue politique, est sur la sellette.

Le chef démissionnaire du CNS Burhan Ghalioun a appelé dimanche la population à prendre les armes si l'ONU n'intervenait pas par la force.

La veille, l'Armée syrienne libre (ASL), composée essentiellement de déserteurs, avait averti qu'elle ne serait plus liée par le plan Annan si l'ONU n'agissait pas rapidement.

En 14 mois, les violences ont fait plus de 13.000 morts, dont plus de 1.800 depuis le début de la trêve, selon l'OSDH.


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