Premier débat télévisé de Hollande en tant que président

Le nouveau président profitera naturellement de sa première sortie pour faire le point des grands sujets internationaux de l'heure, qui ont largement accaparé son emploi du temps depuis son investiture le 15 mai.

afp
Premier débat télévisé de Hollande en tant que président
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Deux semaines après son entrée en fonctions, le président français François Hollande accorde mardi soir son premier entretien télévisé de chef de l'Etat pour faire le point de sa longue séquence internationale et évoquer les dossiers plus politiques à la veille des législatives.

Comme il l'avait promis pendant sa campagne électorale, celui qui se présente comme le "président normal" va rompre à 20H00 (18H00 GMT) avec une pratique controversée mais solidement ancrée dans les moeurs médiatiques du pays: plutôt que de recevoir à l'Elysée, François Hollande répondra aux questions sur le plateau du journal télévisé de la chaîne de télévision publique France 2.

Pour sa première prestation télévisée un mois après son investiture, son prédécesseur Nicolas Sarkozy s'était exprimé sur une chaîne privée depuis son bureau du palais présidentiel.

Le nouveau président profitera naturellement de sa première sortie pour faire le point des grands sujets internationaux de l'heure, qui ont largement accaparé son emploi du temps depuis son investiture le 15 mai.

Hasard du calendrier et nécessité de la crise de la zone euro, François Hollande s'est offert en deux semaines un baptême du feu diplomatique d'une rare intensité. Déplacement à Berlin, rencontre à la Maison blanche, sommets du G8 à Camp David puis de l'Otan à Chicago, sommet européen informel à Bruxelles puis visite éclair en Afghanistan...

Enchaînés à un rythme digne de celui de Nicolas Sarkozy, ces rendez-vous lui ont permis de porter deux de ses principaux engagements de candidat. La croissance économique et le retrait des soldats français d'Afghanistan. Sur ces deux dossiers, il estime déjà avoir tenu l'essentiel de ses promesses.

Fort du soutien du président américain Barack Obama et de nombreuses capitales européennes, celui qui se faisait fort de renégocier le pacte européen de stabilité s'est réjoui d'avoir imposé la croissance au menu des réunions internationales, face à une chancelière allemande Angela Merkel accrochée aux nécessités de la discipline budgétaire.

Sur fond de craintes persistantes d'une sortie de la Grèce de la zone euro et, plus grave encore, d'un effondrement du système bancaire espagnol, François Hollande devrait consacrer une large partie de son propos à l'Europe.

Après l'avoir expliqué à ses alliés de l'Otan puis, vendredi sur le sol afghan, aux principaux intéressés, le chef de l'Etat devait aussi revenir sur les conditions du retrait anticipé des troupes françaises.

Autre sujet chaud, la Syrie, alors que M. Hollande a annoncé mardi l'expulsion de l'ambassadrice syrienne en France et la réunion début juillet à Paris du groupe des Amis de la Syrie.

Mais, peut-être plus encore que sur les sujets diplomatiques, c'est sur la politique intérieure que le nouveau président est attendu. Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat s'est gardé de tout commentaire sur ces sujets, aussi bien depuis l'étranger que lors de son premier point-presse élyséen aux côtés du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy.

Au soir d'une journée de consultations de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault avec les organisations syndicales et patronales sur les grands chantiers sociaux, le président devrait préciser les contours de la "conférence sociale" qu'il a promis de réunir à l'Elysée avant le 14 juillet.

Les sujets à l'ordre du jour sont d'importance et, là aussi, au coeur de ses engagements électoraux, de l'emploi au retour à la retraite à 60 ans et un éventuel coup de pouce au salaire minimum.

A deux semaines du premier tour des législatives (10 et 17 juin), François Hollande aura l'occasion de répondre aux attaques de la droite, qui l'a déjà appelé à renoncer à ses promesses pour cause de crise de la zone euro.