Russie et Chine répètent leur opposition à toute intervention armée en Syrie

La Russie estime que la déclaration du président du Conseil de sécurité "représente une réaction suffisante". Pour Berlin, il n'y a pas de raison de spéculer sur une option militaire. La Belgique estime par contre que "sans présence militaire, on n'obtiendra rien d'Assad".

AFP
Russie et Chine répètent leur opposition à toute intervention armée en Syrie
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La Russie juge "prématurée" toute nouvelle action de l'ONU contre la Syrie après le massacre de Houla, a déclaré mercredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov à l'agence russe Interfax.

"Nous estimons que l'examen au Conseil de sécurité de l'ONU de toute nouvelle mesure pour influer sur la situation est prématurée", a dit M. Gatilov.

Le diplomate a estimé que "la déclaration à la presse du président du Conseil de sécurité de l'ONU concernant les évènements tragiques à Houla" avait été "un signal assez fort pour la partie syrienne et représente une réaction suffisante du Conseil de sécurité de l'ONU".

Les Occidentaux ont durci mardi leur position à l'égard du régime du président Bachar al-Assad, Européens et Américains annonçant l'expulsion des représentants diplomatiques syriens dans leur capitale en représailles au massacre de Houla qui a fait 108 morts.

M. Gatilov commentait ainsi les appels du chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle à convoquer une nouvelle réunion du conseil de sécurité de l'ONU. Le vice-ministre a par ailleurs laissé entendre que la Russie ne soutiendrait pas une résolution concernant une intervention militaire au Conseil de sécurité de l'ONU, réagissant à la déclaration du président français François Hollande qui n'avait pas exclu une intervention armée sous mandat de l'ONU en Syrie. "Nous avons toujours dit que nous sommes contre toute intervention extérieure dans le conflit syrien parce que cela ne fera qu'aggraver la situation pour la Syrie et la région et aura des conséquences imprévisibles", a souligné M. Gatilov.

Il a toutefois jugé opportun de discuter d'un "mécanisme supplémentaire de contrôle sur la mise en oeuvre du plan Annan".

La Russie a été très critiquée ces derniers mois pour avoir fait obstruction au Conseil de sécurité de l'ONU à des résolutions occidentales blâmant le régime de Damas. Moscou a aussi continué de livrer des armes à son allié de longue date en dépit des craintes qu'elles soient utilisées dans la répression contre la population civile.

La Chine redit son opposition à toute intervention armée en Syrie

La Russie a très vite été suivie par la Chine, elle aussi opposée à toute intervention armée. Les deux Etats bloquent pour le moment une résolution en ce sens au Conseil de Sécurité de l'ONU.

"La Chine est opposée à une intervention militaire en Syrie et est opposée à un changement de régime par la force", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin.

M. Liu redisait ainsi la position traditionnelle de Pékin, grand allié de Damas, position que le porte-parole a complétée en appelant également à la mise en oeuvre du plan de paix en six points du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.

Berlin: pas de raison de spéculer sur une option militaire en Syrie

Le gouvernement allemand ne voit aucune raison de "spéculer sur des options militaires" en Syrie, a déclaré un porte-parole interrogé sur la position du président français François Hollande qui a laissé ouverte l'option d'une intervention armée dans ce pays. "Du point de vue du gouvernement allemand, il n'y a pas de raison de spéculer sur des options militaires au sujet de la situation en Syrie", a déclaré ce porte-parole du ministère des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse régulière à Berlin.

Le Japon ordonne le départ de l'ambassadeur syrien

Le Japon a ordonné à l'ambassadeur de Syrie à Tokyo de quitter le pays pour protester contre le massacre de Houla.

Le gouvernement nippon a pressé l'ambassadeur de Syrie au Japon, Mohamed Ghassan Al Habash, de quitter l'archipel "dès que possible", a expliqué un responsable du ministère des Affaires étrangères. "Par cette action, le Japon veut faire état de ses plus vives protestations contre la Syrie. Le gouvernement nippon dénonce non seulement la série de violences, mais aussi les violations flagrantes des droits de l'homme", a souligné ce responsable. Il a ajouté que le Japon avait pris cette décision "en coordination avec d'autres États".

La Turquie ordonne le départ des diplomates syriens

La Turquie a ordonné aux diplomates syriens de quitter le pays dans les 72 heures, a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères. "Il a été notifié (...) au chargé d'affaires et aux diplomates syriens en poste de quitter la Turquie dans les 72 heures, à partir du 30 mai", précise un communiqué.

Le document du ministère turc accuse dans ce contexte le régime syrien d'avoir commis "un crime contre l'humanité" à Houla (centre), où au moins 108 personnes ont été tuées vendredi selon l'ONU.

"Il est hors de question pour nous de garder le mutisme et de ne pas réagir au sujet de cet acte qui revêt le caractère d'un crime contre l'humanité. Ce crime commis contre des civils ne peut rester impuni", souligne le texte.

La Syrie expulse la chargée d'affaires des Pays-Bas

La Syrie a ordonné à la chargée d'affaires des Pays-Bas de quitter le pays dans les 72 heures, a annoncé mercredi syrien le ministère des Affaires étrangères . "La Syrie expulse la chargée d'affaires des Pays-Bas et lui donne 72 heures pour quitter" le pays, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Didier Reynders, le ministre belge des affaires étrangères, s'est exprimé ce matin. Selon lui, on "n'obtiendra rien d'Assad sans présence militaire".


Ce jeudi, dès 12h, chattez sur la situation en Syrie avec Christophe Lamfalussy