Comment lutter contre la traite des êtres humains ?

Parmi la quarantaine de mesures présentées par la Commission européenne, l'exécutif prévoit la mise en place d'unités nationales de police spécialisées et la création d'équipes communes d'enquête pour poursuivre les affaires de trafic transfrontalier.

Stéphanie Grofils
Comment lutter contre la traite des êtres humains ?
©AFP

Ce mardi midi, la Commission européenne a présenté un ensemble de mesures, annoncées comme concrètes et pratiques, afin d'éradiquer la traite des êtres humains. Cette nouvelle stratégie européenne de lutte contre "l'esclavage de notre époque" (2012-2016) vise à mettre fin à l'exploitation sexuelle ou de travail, à la mendicité, à la servitude domestique, au mariage forcé, au prélèvement d'organes, à l'adoption illégale, ainsi qu'à d'autres formes d'exploitation. Elle mise sur la prévention, la protection et le soutien des victimes, ainsi que la poursuite des trafiquants, selon l'exécutif européen.

Parmi les 40 mesures, adoptées par le collège des commissaires européens dans la matinée, la nouvelle stratégie identifie cinq priorités et définit une série d'initiatives pour chacune d'entre elles, telles que:

1. Soutenir la création d'unités nationales de police spécialisées dans la traite des êtres humains, et créer des équipes communes d'enquête et de représentants d'Europol (l’agence européenne chargée de lutter contre la criminalité organisée) et d'Eurojust (l'organe de l'Union européenne qui vise à améliorer la coordination des enquêtes et des poursuites judiciaires entre les autorités compétentes des Etats membres de l'Union chargées de traiter les affaires de criminalité organisée transfrontalière) dans tous les cas de trafic transfrontalier ;

2. Fournir une information claire aux victimes sur leurs droits en vertu du droit de l'Union européenne et de la législation nationale, en particulier leur droit à des soins d'assistance et de santé, leur droit à un permis de séjour et leurs droits au travail ;

3. Créer un mécanisme communautaire afin de mieux identifier, protéger et assister les victimes de trafic ;

4. Mettre en place une coalition d'entreprises européennes contre la traite des êtres humains pour améliorer la coopération entre les entreprises et les parties prenantes, et établir une plate-forme européenne des organisations de la société civile et des prestataires de services travaillant sur la protection des victimes et l'assistance dans les Etats membres et les pays tiers ;

5. Soutenir les projets de recherche examinant l'Internet et les réseaux sociaux comme outils de recrutement de plus en plus populaires pour les trafiquants.

Ces "actions concrètes" viennent ainsi "appuyer et compléter" la mise en œuvre de la législation européenne existante sur la traite des êtres humains (directive 2011/36/EU), dont la date limite de transposition est avril 2013.