Assange défie les autorités

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est apparu pour la première fois publiquement dimanche sur le balcon de l’ambassade d’Equateur à Londres, où il s’est réfugié depuis deux mois. Dans un bref discours, il a remercié ceux qui l’ont aidé, notamment ce pays, et demandé aux États-Unis de cesser la "chasse aux sorcières" contre son réseau.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est apparu pour la première fois publiquement dimanche sur le balcon de l’ambassade d’Equateur à Londres, où il s’est réfugié depuis deux mois. Dans un bref discours, il a remercié ceux qui l’ont aidé, notamment ce pays, et demandé aux États-Unis de cesser la "chasse aux sorcières" contre son réseau.

M. Assange s’exprimait juste au-dessus de la tête des policiers britanniques qui veulent l’arrêter, depuis un balcon de l’ambassade considéré comme territoire diplomatique. Il a parlé pendant une dizaine de minutes, avant de rentrer dans l’ambassade sans être inquiété.

Il a enjoint le président américain Barack Obama de faire "ce qu’il doit faire" et les États-Unis de "cesser la chasse aux sorcières" contre WikiLeaks. Il a aussi longuement remercié les partisans de WikiLeaks, "témoins" qui ont surveillé sa situation, et surtout l’Equateur, un pays qui s’est "levé pour la justice". Il a énuméré aussi toute la liste des pays d’Amérique centrale ou du Sud qui ont fait connaître leur soutien à l’Equateur dans cette affaire, "l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Salvador, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, l’Argentine, le Pérou, le Venezuela et tous les autres".

Il a remercié aussi ses enfants et les a assurés qu’ils seraient "bientôt réunis", ainsi que les habitants des États-Unis, du Royaume-Uni ou de Suède qui l’ont soutenu dans cette épreuve.

Julian Assange est dans un état d’esprit "combatif", avait déclaré un peu plus tôt son avocat, l’ancien juge espagnol Baltasar Garzón, devant l’ambassade d’Equateur à Londres, ajoutant que l’intéressé souhaitait voir prendre des mesures pour protéger ses droits et ceux de WikiLeaks.

"Il remercie les Equatoriens et particulièrement le président Rafael Correa de lui avoir accordé l’asile", a indiqué M. Garzón. Selon lui, Julian Assange "demande que ses propres droits et ceux de WikiLeaks soient respectés", et il a "demandé à son avocat de mener une action en justice" pour protéger ces droits, ainsi que ceux "de toutes les personnes qui font l’objet d’une enquête".

Julian Assange est réclamé par la Suède qui veut l’entendre pour une affaire d’agression sexuelle et de viol, mais craint d’être ensuite extradé vers les États-Unis pour y répondre d’espionnage dans le cadre de la diffusion par WikiLeaks en 2010 de plusieurs centaines de milliers de télégrammes diplomatiques américains.

Un porte-parole de WikiLeaks a estimé que, si la Suède s’engageait formellement à ne jamais extrader M. Assange aux États-Unis, cela constituerait "une bonne base" de négociation. Kristinn Hrafnsson a rappelé que M. Assange avait "toujours été d’accord pour répondre aux questions" de la justice, et cela "depuis bientôt deux ans". Il a souligné que M. Assange, qui avait pu quitter la Suède libre malgré cette affaire, avait depuis suggéré, sans succès, de répondre aux questions du procureur, soit en face-à-face à Londres, soit par vidéo conférence entre Londres et Stockholm, ce que la Suède n’a pas accepté. Il n’a pas été mis en examen dans ces affaires pour l’instant. (AFP)

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