Edito: Arnault, le politique

Depuis la révélation par "La Libre" le week-end dernier de la demande de naturalisation belge du milliardaire Bernard Arnault, les spéculations vont bon train sur les intentions réelles du magnat français du luxe. Que cherche-t-il réellement ?

Edito: Arnault, le politique
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Depuis la révélation par "La Libre" le week-end dernier de la demande de naturalisation belge du milliardaire Bernard Arnault, les spéculations vont bon train sur les intentions réelles du magnat français du luxe. Que cherche-t-il réellement ? Peut-on croire à la piste de ce mystérieux investissement "sensible" dans notre pays que justifierait l’octroi de la nationalité belge ? S’agit-il d’un simple écran de fumée destiné à occulter une cause moins noble : la recherche de cieux fiscaux plus cléments pour lui, son groupe, ses héritiers ? Point de réponses définitives à ce stade. Le doute, s’il perdure, risque d’entacher l’image d’Arnault qui a posé, quoi qu’il en dise et quelles que soient ses intentions chez nous, un geste éminemment "politique". Politique car il s’inscrit dans un contexte de très grande tension entre le monde économique français, qui se sent mal aimé, stigmatisé par la gauche, et le gouvernement Hollande. S’ils ne l’avouent pas publiquement, certains patrons français voient dans la bravade d’Arnault le porte-étendard de leurs propres inquiétudes. Un rôle que le principal intéressé n’a peut-être pas recherché, ni ne souhaite assumer aujourd’hui. Mais le symbole Arnault est trop fort Hollande a dit qu’il se donnait deux ans pour redresser la France. De manière subliminale, le patron de LVMH envoie le message suivant au locataire de l’Elysée : ce n’est pas en s’en prenant à ceux qui entreprennent, prennent des risques et créent de l’emploi qu’il y arrivera. Alors, combat politique ou démarche personnelle ? Et si c’était les deux à la fois...