Pas d’impôt et fini les services !

C’est du pain bénit pour les humoristes et les anticléricaux ! La Conférence des évêques allemands a donc bel et bien décidé de frapper fort à l’encontre du nombre croissant de fidèles qui, ne se reconnaissant plus dans l’Eglise catholique, ont décidé de ne plus verser d’impôt philosophique à la filiale allemande de l’Eglise romaine. Il faut dire que depuis le XIXe siècle, l’impôt philosophiquement dédicacé - le Kirchensteuer - a permis à l’Eglise d’outre-Rhin de devenir l’une des plus riches du monde. En 2010, l’Eglise catholique a vu tomber 5 milliards d’euros dans son escarcelle alors que l’Eglise protestante en engrangeait 4,3 milliards.

Christian Laporte

C’est du pain bénit pour les humoristes et les anticléricaux ! La Conférence des évêques allemands a donc bel et bien décidé de frapper fort à l’encontre du nombre croissant de fidèles qui, ne se reconnaissant plus dans l’Eglise catholique, ont décidé de ne plus verser d’impôt philosophique à la filiale allemande de l’Eglise romaine. Il faut dire que depuis le XIXe siècle, l’impôt philosophiquement dédicacé - le Kirchensteuer - a permis à l’Eglise d’outre-Rhin de devenir l’une des plus riches du monde. En 2010, l’Eglise catholique a vu tomber 5 milliards d’euros dans son escarcelle alors que l’Eglise protestante en engrangeait 4,3 milliards.

Mais l’impôt d’Eglise est aussi un bon baromètre de l’état de l’institution et là aussi le bât blesse : depuis qu’a éclaté le scandale des pédocurés, des dizaines de milliers de catholiques ont quitté l’Eglise et, quoi qu’on puisse penser de sa situation financière nullement inquiétante, même et surtout en Allemagne, ça finit par se répercuter sur son fonctionnement.

C’est ce qui a amené les évêques à faire peur aux braves chrétiens allemands.

En effet, s’ils devaient persister dans leur refus de verser leur écot, ils pourraient se voir refuser les sacrements de pénitence, de l’Eucharistie, de la confirmation, ou encore de l’onction des malades Mais là l’Eglise fait quand même une exception en cas de danger de mort. Plus logiquement, le réfractaire ne pourra plus être parrain, ni membre d’un conseil paroissial ou diocésain et il perdra son droit de vote dans l’Eglise. Puis, s’il n’a montré aucun signe de remords avant sa mort, il pourrait même se voir privé de funérailles religieuses !

Cet avertissement, qui n’est pas un modèle de charité chrétienne, a provoqué de vives réactions, mais la Conférence épiscopale reste intransigeante : se retirer de l’institution-Eglise sans se couper de la communauté spirituelle ne sera plus possible.

On précisera que Rome est moins sévère, dans ce domaine s’entend, pour excommunier ses ouailles. Il est vrai qu’un débat de gros sous autour de l’Eglise fait mauvais genre : tout le message de l’Evangile tourne autour de l’attention pour les plus démunis, mais en Allemagne, cela prend une coloration supplémentaire avec la vieille querelle des indulgences qui a amené Luther à faire sécession au XVIe siècle.

Surprise : ce sont les catholiques conservateurs qui ont fait le lien, se disant horrifiés que ce décret épiscopal dépasse cette page peu glorieuse de leur histoire.