Les espoirs déçus des printemps arabes

"La réalité de 2012 est différente des espoirs de 2011", affirme le secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland.

Les espoirs déçus des printemps arabes
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AFP

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland a souligné lundi le décalage entre les "espoirs" suscités en 2011 par le printemps arabe et "la réalité de 2012", lors de l'ouverture du premier "Forum mondial de la démocratie" à Strasbourg.

En se soulevant contre des régimes autoritaires, "les populations arabes demandaient une démocratie représentative, des élections équitables, une vie décente et la justice sociale", a estimé M. Jagland. "Vous observerez aisément que la réalité de 2012 est différente des espoirs de 2011", a-t-il ajouté. "Beaucoup parmi les protestataires, notamment les jeunes, sont encore frustrés non plus à cause d'une dictature stagnante et oppressive mais parce que les changements sont trop lents, parce qu'ils ne vont pas assez loin", a poursuivi l'ancien chef du gouvernement norvégien.

Le Conseil de l'Europe, organisateur de ce premier "Forum mondial de la démocratie", compte en faire un rendez-vous annuel. L'objectif est d'y réunir "des réformateurs et des leaders mondiaux pour chercher des réponses démocratiques aux défis économiques, sociaux et politiques".

"Les révolutions dans le monde arabe nous ont rappelé à tous que l'autoritarisme tendait à produire ses propres symptômes de dysfonctionnement: la corruption, l'injustice et l'abus de pouvoir", a pointé M. Jagland, qui préside aussi le Comité du prix Nobel de la Paix.

"De temps en temps, les démocraties ont aussi ces attributs", a-t-il admis, mais "la différence est que les peuples peuvent les corriger en choisissant un autre gouvernement".

Ouvert officiellement lundi en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ce Forum doit notamment accueillir la Yéménite Tawakkul Karman, lauréate du prix Nobel de la Paix 2011.

Plus de 1.000 personnes (responsables politiques, universitaires, militants de la société civile) venues d'une centaine de pays y sont attendues jusqu'au 11 octobre.

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