Un ministre dénonce "une colonisation froide de l'Iran"

L'Iran est soumis à des sanctions de l'ONU renforcées par des sanctions pétrolières et bancaires américaines et européennes. Mais "ceux qui imposent des sanctions doivent en payer le prix", a affirmé le ministre iranien des finances.

Un ministre dénonce "une colonisation froide de l'Iran"
AFP

Les sanctions imposées à l'Iran, "n'affectent pas que l'économie iranienne, elles touchent aussi d'autres pays ainsi que des compagnies étrangères", a déclaré Shamseddine Hosseini lors d'une conférence de presse en marge du sommet annuel du FMI et de la Banque mondiale dans la capitale japonaise. "Par exemple, la Turquie est devenu un de nos importants partenaires commerciaux à la place de l'Allemagne, tandis que la Chine pourrait prendre la part de marché qui est celle du Japon", a-t-il détaillé devant les journalistes à l'ambassade iranienne à Tokyo. "Ceux qui imposent des sanctions doivent en payer le prix", a-t-il encore lancé.

L'Iran est soumis à des sanctions de l'ONU renforcées par des sanctions pétrolières et bancaires américaines et européennes. L'objectif est de le priver de ses revenus pétroliers dans le but de le pousser à cesser ses activités nucléaires soupçonnées, malgré les démentis de Téhéran, de comprendre un volet militaire. "C'est comme une colonisation froide, ou une guerre économique", a commenté Shamseddine Hosseini qui a réaffirmé que "l'Iran a ses propres ressources" et que "son économie est assez considérable avec du potentiel".

Concernant la monnaie iranienne, qui s'était effondrée début octobre face au dollar, le ministre des finances a indiqué que les autorités monétaires du pays avaient pris les mesures nécessaires pour arrêter la baisse du rial. Interrogé sur les prévisions du FMI concernant l'économie iranienne, le ministre a invité l'organisation à venir en Iran "pour faire de vraies évaluations". "Au cours des derniers mois, et particulièrement ces dix derniers jours, nous avons pu observer la plus forte hausse de notre indice boursier. Ces six derniers mois, il a augmenté de 12%", a encore affirmé Shamseddine Hosseini.

Selon Masood Ahmed, directeur du département Moyen-Orient du FMI, "après de nombreuses années de croissance relativement robuste, l'économie iranienne s'est contractée cette année". "Selon nous, a-t-il poursuivi, cela est dû à des chocs extérieurs et des pressions sur l'économie ainsi que la réduction de la production pétrolière".

En pleine tourmente financière, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait accusé le 2 octobre les pays occidentaux de mener une "guerre" économique à l'échelle de la planète contre l'Iran pour le faire plier. "L'ennemi a imposé des sanctions (...) contre les ventes de pétrole. Une grande partie des devises proviennent du pétrole. Et, pire, des sanctions contre les échanges bancaires pour que si on vend du pétrole on ne puisse pas rapatrier l'argent. C'est une guerre cachée et lourde à l'échelle de la planète", avait-il dit. "L'ennemi croit pouvoir casser la résistance du peuple iranien mais il se trompe", avait conclu le président iranien.

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