Un chef salafiste de Gaza tué par une frappe ciblée israélienne

Un des principaux chefs salafistes de la bande de Gaza, le Jordanien Hicham al-Saedini, a été tué par une frappe aérienne ciblée israélienne dans le nord du territoire palestinien.

Un chef salafiste de Gaza tué par une frappe ciblée israélienne
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Un des principaux chefs salafistes de la bande de Gaza, le Jordanien Hicham al-Saedini, a été tué samedi soir par une frappe aérienne ciblée israélienne dans le nord du territoire palestinien.

Hicham al-Saedini, 43 ans, connu sous le nom d'Abou al-Walid al-Maqdissi, a trouvé la mort en compagnie d'un autre activiste salafiste jihadiste, Fayek Abou Jazar, 42 ans, lors d'un raid aérien sur Jabaliya, un camp de réfugiés du nord de la bande de Gaza, a-t-on précisé de sources des services de sécurité palestiniens. Les deux hommes circulaient à moto. Le raid israélien a également fait deux blessés, dont un enfant de 12 ans, ont précisé des sources médicales locales.

Hicham al-Saedini était le chef d'un des groupe salafistes radicaux de Gaza Tawhid wal-Jihad. Il était également l'un des fondateurs d'une nouvelle coalition d'organisations salafistes, appelée Majlis Choura al-Moujahidine, dans l'enclave palestinienne.

Un communiqué de l'armée israélienne a précisé que le raid israélien avait visé "des responsables d'activités terroristes du Majlis Choura al-Moujahidine, un groupe affilié au jihad mondial". Par la suite, l'aviation israélienne a bombardé samedi soir un terrain d'entraînement des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza. L'attaque n'a pas fait de victime.

Dans la matinée, l'aviation israélienne avait mené trois raids sur la bande de Gaza en représailles au tir d'une roquette qui avait explosé vendredi soir près d'un immeuble résidentiel de la ville de Nétivot (sud d'Israël), sans faire de blessé.

Ce tir avait été revendiqué par le Majlis Choura al-Moujahidine.

Le Jordanien Hicham al-Saedini était considéré un des plus importants chefs salafistes de Gaza. Il avait été arrêté puis détenu par le Hamas, avant d'être relâché en août 2012 après une médiation jordanienne.

Son nom avait été évoqué lors de l'assassinat du militant pro-palestinien italien Vittorio Arrigoni, 36 ans, membre de l'association International Solidarity Mouvement (ISM), retrouvé pendu le 15 avril 2011 dans la ville de Gaza, quelques heures après avoir été pris en otage par un groupe de salafistes.

Ces derniers avaient réclamé auparavant la libération de leurs camarades détenus par le Hamas, en particulier celle de Hicham al-Saedini. Si le Hamas s'efforce de maintenir une trêve tacite, fragile et ponctuée de cycles de violence, avec l'armée israélienne, des groupes armés du territoire, appartenant en particulier à la mouvance salafiste jihadiste, continuent de lancer régulièrement des roquettes contre Israël.

Ces différents groupes salafistes accusent le Hamas de faiblesse face à Israël et dans l'application de la loi islamique. Se définissant comme "salafistes", c'est-à-dire favorables à un retour aux pratiques de l'islam des origines, ils revendiquent quelques centaines de membres (et des milliers de sympathisants), éparpillés entre divers groupes: Jaïch al-Islam, Jound Ansar Allah, Tawhid wal Jihad, Jaïch al-Oumma, Ansar al-Sunna, et depuis peu, Majlis Choura al-Moujahidine.

Un temps compagnons de route du Hamas dans sa conquête du pouvoir, ils se sont progressivement éloignés du mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, jugeant qu'il n'allait pas assez loin dans l'imposition de la loi islamique.

Ces groupuscules se distinguent de l'ensemble des mouvements palestiniens, y compris islamistes, en revendiquant une proximité idéologique avec Al-Qaïda, dont le jihadisme mondialisé se démarque de la lutte nationale palestinienne concentrée sur le conflit avec Israël.

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