Les femmes sans visage de Bogotá

Si l'on condamne heureusement avec sévérité ce type d'agissements sous nos latitudes, il est encore certains endroits du globe où l'on tolère l'intolérable. En Colombie, brûler le visage de quelqu’un avec de l’acide demeure souvent impuni.

La rédaction en ligne
Les femmes sans visage de Bogotá
©Luis Acosta/AFP

Si l'on condamne fort heureusement avec bien plus de sévérité ce type d'agissements sous nos latitudes, il est encore certains endroits du globe où l'on tolère l'intolérable. En Colombie par exemple, brûler le visage de quelqu’un avec de l’acide demeure bien souvent impuni. En droit, on qualifie ce genre de violence comme de simples « coups et blessures », passibles tout au plus de quelques années de prison pour celui qui les a infligés (4ans max, NdlR.). Si bien sûr, chose rare, la police locale lui met le grappin dessus...

Un journaliste de l'AFP, choqué par les récits dramatiques récoltés au gré de son enquête, a aujourd'hui décidé d'en parler. "Pourquoi ce genre de chose arrive-t-il? Qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à commettre un crime aussi atroce?" Autant de questions qui taraudaient Luis Acosta et auxquelles il a trouvé des réponses auprès de victimes de ces agressions honteuses, Nubia et Maria...

La première vivant au Venezuela était rentrée au pays fin décembre pour y passer les fêtes avec ses enfants et son époux. Elle fut attaquée de nuit par deux agresseurs qui lui ont jeté de l'acide au visage, si vite qu'elle ne put donc les identifier. La raison? L'éventuelle "jalousie d’une voisine pour sa beauté", sans plus de certitude...

Maria, elle, se rendait au boulot quand elle sentit "de l’eau" sur son visage, relate encore Acosta. Malheureusement, c’était de l’acide, lancé par un assaillant mandaté par son conjoint désireux de se venger car elle voulait le quitter. "Si elle n’est pas à moi, elle ne sera à personne" s'était défendu cet "aimable" monsieur. Un crime lui aussi resté impuni faute de preuve...

Pour marquer les consciences, le journaliste a demandé à ses interlocutrices de bien vouloir poser pour son objectif, en tenant à la main un portrait d’elles avant leur agression. Il peina à les convaincre mais réussit. Il leur en fallut du courage pour s'exposer ainsi et dénoncer tout ça. Mais pour contrebalancer telle injustice, gageons qu'il fallait au moins ça...