Uruguay: le gouvernement veut vendre du cannabis

Le président uruguayen veut le contrôle de la vente de cannabis sur son territoire pour lutter contre la violence liée à la vente de drogue et ses dérives.

Déborah Taminiaux (st.)
Uruguay: le gouvernement veut vendre du cannabis
©BELGA

Le président uruguayen, José Mujica, annonçait en juin vouloir une alternative légale au trafic de drogue. Et c'est en août que le Parlement a reçu ce projet de loi qu'il étudie afin de réguler la vente de drogue et de lier l'achat de cannabis au contrôle du gouvernement. Depuis ce mardi, on en sait plus sur les futures conditions de cette vente.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce projet: la lutte contre la violence liée à la vente de drogue, la commercialisation de « pasta base », un produit bon marché mais dangereux (cet extrait de feuille de coca se mélange avec du tabac ou de la marijuana) et le consommateur achetant de la drogue illégalement, qui ne sera plus confronté à un mauvais coupage et des additifs nocifs supplémentaires. Pour le directeur du Conseil national des drogues, le cannabis sera de meilleure qualité car sous surveillance. Le gouvernement compte commercialiser l'herbe dans la même gamme de prix que celle en vente illégale dans le pays.

Apparemment, le consommateur pourra acheter au maximum 40 grammes par mois, grâce à une carte anonyme contenant un code barre. Seuls les Uruguayens auront accès à ce produit, le « tourisme consommateur » sera donc interdit. Au départ, le gouvernement comptait inclure l'enregistrement du client avec sa carte d'identité, mais des dérives avaient été invoquées.

En ce moment en Uruguay, la vente et la culture de cannabis sont proscrites; ce qui n'est pas le cas de la consommation pour usage personnel.