Angela Merkel apporte son soutien au Royaume-Uni

Nous allons gagner ensemble." Attendue de pied ferme au Parlement européen, la chancelière allemande Angela Merkel y a déployé un discours volontariste devant les chefs des groupes politiques de l’institution.

Angela Merkel apporte son soutien au Royaume-Uni
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Nous allons gagner ensemble." Attendue de pied ferme au Parlement européen, la chancelière allemande Angela Merkel y a déployé un discours volontariste devant les chefs des groupes politiques de l’institution. Elle s’est positionnée en faveur d’une intégration européenne plus poussée, quitte à modifier les traités existants. La chancelière a également plaidé pour un contrôle européen des budgets nationaux.

Le but de ce passage éclair de Mme Merkel à Bruxelles (elle se rendait ensuite à Londres pour tenter de sortir de l’impasse les négociations sur le budget pour la période 2014-2020), était de faire le point sur "l’état de l’Union". "La crise a créé une situation catastrophique et presque fatale pour notre institution", a rappelé la chancelière, qui a fait, tout au long de son intervention, de nombreuses références à l’ancien commissaire français, Jacques Delors. "M. Delors l’avait annoncé : une union monétaire sans convergence politique n’est pas viable et peut même être néfaste." La dirigeante allemande rappelait au passage que le développement de son pays n’était "pas dissociable" de celui de l’Union européenne. A ce propos, les nouvelles apportées, un peu plus tôt dans la journée, par ses "cinq sages" (cinq économistes qui conseillent le gouvernement allemand) n’avaient pas été particulièrement brillantes. Selon leur rapport, l’Allemagne se porte certes mieux que la plupart de ses voisins, mais son économie devrait être encore ralentie par la crise en 2013. "On me demande souvent en Asie : est-ce que l’Union européenne va résister à la crise ?" poursuit Mme Merkel. C’est à nous de montrer que nous le pouvons, de changer cette vision sceptique sur l’Union européenne." Angela Merkel estime que l’Union ne deviendra pas un club composé des Etats les plus forts de la zone euro. "Une Europe de la force ne peut être créée que de concert", justifie-t-elle .

Selon la chancelière, cette crise est avant tout une crise de confiance. "On s’en rend compte lorsque l’on parle avec les investisseurs étrangers", explique-t-elle. Une position partagée par Guy Verhofstadt, président du groupe des libéraux et des démocrates (ADLE). "La dette publique de la zone euro est de 90 % du PIB, celle des Etats-Unis de 103 % et celle du Japon de 226 % , argumente-t-il. Pourtant, l’Espagne emprunte à un taux de 5 %, les Etats-Unis à moins de 2 % et le Japon à 1,5 %." Selon le libéral, ces écarts s’expliquent par la faiblesse des institutions de l’Union européenne. "Derrière le yen et le dollar, il y a un véritable Etat, déclare-t-il. Mais derrière l’euro, il n’y a pas de véritable démocratie, de gouvernement, de trésor, de budget et d’emprunt européens." On sait que l’Allemagne s’oppose vigoureusement à la mise en place d’euro-bonds. En ce qui concerne le manque d’intégration européenne, Angela Merkel s’est défendue en rappelant que la France et les Pays-Bas s’étaient déjà opposés à des avancées par voie de référendum.

Ces derniers temps, les critiques se sont abattues sur le Royaume-Uni. Le Parlement britannique a récemment voté en faveur d’une diminution du budget européen, au-delà de la position de ceux qui militent pour un statu quo. Alors que des voix ont réclamé une sortie du Royaume-Uni de l’UE, la chancelière lui a apporté son soutien. "Il est bon d’avoir le Royaume-Uni avec nous, je ferai tout pour qu’il reste un bon partenaire au sein de l’Union", a-t-elle expliqué . Angela Merkel a également plaidé pour la mise en œuvre d’une feuille de route pour une plus forte intégration budgétaire et économique d’ici deux ou trois ans. Guy Verhofstadt a fait remarquer que ce timing était trop lent.

Mme Merkel est également revenue, brièvement, sur le prix Nobel de la paix attribué à l’Union européenne, soit "un signal politique d’une énorme valeur pour les Européennes et les Européens" . La chancelière allemande s’est ensuite félicitée du fait que plusieurs pays européens, "auxquels on a demandé beaucoup aux populations", aient gagné en "compétitivité" et en "flexibilité du marché du travail".R.Me. et L.Lam.