Le monde sous le choc après la tuerie dans une école américaine

Vingt-sept personnes dont 20 enfants ont été tuées vendredi matin dans une école primaire du Connecticut (nord-est). Les raisons de la tuerie sont encore inconnues.

Le monde sous le choc après la tuerie dans une école américaine
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AFP

Vingt enfants et six adultes ont été tués par balle vendredi dans une école primaire d'une petite ville du Connectictut (nord-est), l'un des pires carnages jamais commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis, qui a profondément choqué les Américains.

Le président Barack Obama, très ému, peinant même brièvement à parler, a dénoncé un crime "haineux", soulignant que les victimes de l'école de Sandy Hook à Newtown, étaient "en majorité de beaux petits enfants âgés de 5 à 10 ans".

Il a ordonné que les drapeaux soient mis en berne sur tous les bâtiments publics pendant quatre jours. "Notre coeur est brisé", a-t-il dit. Le bilan dans l'école est de "20 enfants, six adultes, et le tueur" a déclaré Paul Vance, le porte-parole de la police du Connecticut, dans une conférence de presse à Newtown, ville tranquille de 27.000 habitants au nord de New York. Une autre personne a été retrouvée morte dans un appartement à Newton, selon les autorités qui n'ont pas donné de détails à ce sujet, ce qui porte le bilan à 28 morts.

Le tueur, qui se serait ensuite suicidé, était arrivé dans l'école, où sa mère était institutrice, un peu après 9H30. Il portait deux pistolets, un Sig Sauer and un Glock, selon le New York Times. Et s'est concentré sur deux salles de classe, où il a froidement abattu 20 enfants hurlant de peur et six adultes. Sa mère fait partie des victimes, mais les informations étaient contradictoires vendredi soir, sur le lieu où son corps a été découvert. Elle pourrait être la personne trouvée dans l'appartement.

Selon la police, 18 enfants sont décédés sur place, deux autres à l'hôpital. Une blessée a survécu. Parmi les six adultes, on compte la directrice et la psychologue de l'école.

Les petits corps et ceux des adultes étaient toujours dans l'école vendredi soir, pour les besoins de l'enquête. La police a précisé que les identifications devraient être finies d'ici samedi. Tout le périmètre de ce secteur très boisé était bouclé par la police, avec de nombreux véhicules de pompiers.

Toute la journée, les parents se sont succédés dans la caserne de pompiers où les enfants avaient été évacués. C'est là que certains ont appris la terrible nouvelle. "On n'est jamais préparé à ce genre de choses", a déclaré le gouverneur Dan Malloy. "Aujourd'hui, le diable a visité cette communauté". Mais "nous sommes ensemble" dans ce drame, et "nous allons le dépasser", a-t-il ajouté.

"C'est une horreur absolue. Il n'y a pas de mots pour la décrire", a déclaré à l'AFP Chuck Stofko, un consultant qui vit près de l'école, soulignant que la petite ville de Newtown était "spéciale". Les meurtres y sont inconnus. "C'est une communauté très soudée, tout le monde se connaît", expliquait aussi Melisa Latifi, 23 ans.

La police n'a pas révélé le nom du tueur. Les médias américains l'ont d'abord identifié comme Ryan, puis comme Adam Lanza, 20 ans - son frère Ryan, 24 ans, étant interrogé par la police.

Les raisons de la tuerie sont encore inconnues

Selon des témoignages de parents et du personnel de l'école, une centaine de coups de feu ont été tirés.

Brendan Murray, un petit élève d'environ 8 ans, a expliqué sur CNN qu'avec ses camarades ils avaient entendu des cris dans la matinée. On nous a dit "trouvez un endroit sûr, et on s'est caché dans les placards du gymnase", a-t-il expliqué. "Puis la police a dit +on est en train d'évacuer, vite, vite+. Nous avons alors couru jusqu'à la caserne de pompiers...Et nous sommes contents d'être vivants", a ajouté le petit garçon.

A l'église catholique de la ville, située à moins de deux kilomètres de l'école, plusieurs centaines de personnes ont participé vendredi soir à un service religieux. L'assistance était si nombreuses que des dizaines de personnes n'ont pu entrer dans l'édifice. "Je ne peux pas croire que ce genre de chose arrive dans une petite ville comme la nôtre, en plus dans une école primaire", a commenté le père d'une petite élève prénommée Alexis.

"Ca semble complètement irréel. C'est le genre de chose qu'on lit dans les journaux, qu'on entend dans les journaux. Mais que ça arrive si près de chez vous... Je suis encore sous le choc", a commenté son épouse.

Une institutrice de l'école a raconté en pleurs sur CNN qu'elle s'était barricadée dans sa classe avec ses élèves de CP en entendant les coups de feu, et leur avait demandé surtout de ne pas faire de bruit, pour ne pas attirer l'attention.

Des photos ont montré des enfants en file indienne, certains en larmes, au moment de leur évacuation par la police. "On avait fait venir des ambulances, mais certaines n'ont servi à rien", commentait une femme en pleurs. Cette fusillade survient après plusieurs autres qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, dont celle survenue en juillet dans un cinéma du Colorado, où 12 personnes avaient été abattues.

Quelques semaines après, un ancien soldat avait tué 6 personnes dans un temple sikh d'Oak Creek (Wisconsin), avant de se suicider.

La fusillade de Newtown est une des plus graves ayant jamais touché un établissement scolaire. A Columbine (Colorado), en avril 1999, deux adolescents avaient ouvert le feu dans leur lycée, tuant 12 élèves et un enseignant avant de se suicider. En avril 2007, un étudiant de 23 ans avait abattu 32 personnes avant de se tuer sur le campus de Virginia Tech (Virginie, est).

En 2009, les armes à feu ont tué 31.000 personnes aux Etats-Unis, dont plus de 18.000 sont des suicides.

Réactions horrifiées à travers le monde

La tuerie a suscité une vague de réactions horrifiées à travers le monde, du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon à la reine d'Angleterre Elizabeth II. M. Ban a écrit au gouverneur du Connecticut (nord-est), Dan Malloy, "pour lui faire part de ses plus profondes condoléances devant ces meurtres scandaleux", a indiqué l'ONU. "Prendre des enfants pour cible est un acte haineux et inconcevable", estime M. Ban, dont "les pensées et les prières vont aux familles des victimes et à tous ceux qui ont été traumatisés par ce crime horrible".

La reine d'Angleterre - qui traditionnellement limite ses commentaires sur l'actualité aux évènements se passant dans des pays membres du Commonwealth - a adressé dès vendredi soir un message au président américain Barack Obama pour lui faire part de son émotion. "J'ai été profondément bouleversée et attristée d'apprendre la perte horrible de vies aujourd'hui à Newtown, Connecticut, en particulier le fait qu'il y a tant d'enfants parmi les morts", a écrit la reine qui a adressé, avec son époux le Prince Philip, toute sa sympathie au président et au peuple américain "en ces temps difficiles".

Toujours à Londres, le Premier ministre David Cameron s'est, lui aussi, dit "choqué et profondément attristé par cette horrible fusillade qui a tué et blessé tant d'innocents". "Cela brise le coeur de penser à ces personnes auxquelles les enfants ont été volés à un âge si jeune, alors qu'ils avaient encore toute la vie devant eux", a-t-il indiqué.

Le président français François Hollande s'est dit lui "horrifié" par le massacre. "La nouvelle (...) m'a horrifié (et) je souhaite vous dire toute mon émotion et ma consternation", a-t-il écrit dans un message à M. Obama transmis à l'AFP. "En ce moment si douloureux pour les Etats-Unis, je vous adresse mes condoléances attristées, en mon nom personnel et au nom du peuple français. Je vous saurais gré de bien vouloir faire part aux familles des victimes de ma solidarité dans cette cruelle épreuve", conclut le message.

"Je voudrais exprimer mon choc après la fusillade tragique", a déclaré la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, dans un communiqué ajoutant qu'elle pensait "aux victimes, à leurs familles et au peuple américain en ce moment difficile".

Pour le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ce sont "de jeunes vies porteuses d'espérance (qui) ont été détruites". "C'est avec un choc profond et horreur que j'ai appris la fusillade tragique dans le Connecticut", a-t-il indiqué en exprimant ses "sincères condoléances" au nom de la Commission européenne et en son nom personnel.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a lui exprimé "sa solidarité au peuple américain et au président Obama" après "la tragédie" de l'école de Newtown.

Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper a qualifié de "terrible nouvelle" la fusillade en précisant sur son compte Twitter que "les Canadiens prient pour les élèves et les familles au Connecticut qui sont touchés par cette violence insensée".

De son côté, le chef de l'opposition de gauche au Canada, Thomas Mulcair, du Nouveau parti démocratique, a souligné que "la douleur et la peur dont nous sommes témoins dépassent l'entendement. Les écoles sont censées être des lieux sûrs où les enfants apprennent, grandissent et s'épanouissent".

"Qu'un si grand nombre d'enfants soient ainsi la cible d'un tueur bouleverse nos convictions profondes et l'idée que nous nous faisons de notre société. Le temps viendra de réfléchir à ce qui s'est passé et aux moyens à prendre pour empêcher d'autres tragédies semblables", a-t-il ajouté dans une allusion au contrôle des armes à feu.

Elio Di Rupo et Didier Reynders présentent leurs condoléances

Le Premier ministre Elio Di Rupo a présenté ses condoléances aux familles des victimes de la fusillade survenue à Newton, dans l'Etat du Connecticut, aux Etats-Unis, ayant fait 27 morts, dont 20 écoliers. Plus tôt dans la soirée, le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre Didier Reynders indiquait avoir appris "avec effroi" la nouvelle de la tuerie.

"Les mots sont bien peu de choses pour décrire la colère, la tristesse et l'indignation...", a écrit le Premier ministre sur sa page Facebook vendredi soir.

Didier Reynders indique lui, dans un communiqué de presse, vouloir "exprimer sa plus vive sympathie aux familles et aux proches des victimes de cet acte incompréhensible".


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