Edito: impétueuse France

Apeine sortie d’Afghanistan, la voilà au Mali. La France est décidément une nation déroutante mais constante dans ses opérations militaires : rien ne l’arrête quand il faut soutenir les pays amis, défendre ses intérêts ou freiner des islamistes déterminés à laminer les droits de l’homme, le respect de la culture et les Etats trop faibles.

Edito: impétueuse France
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A peine sortie d’Afghanistan, la voilà au Mali. La France est décidément une nation déroutante mais constante dans ses opérations militaires : rien ne l’arrête quand il faut soutenir les pays amis, défendre ses intérêts ou freiner des islamistes déterminés à laminer les droits de l’homme, le respect de la culture et les Etats trop faibles. La France de Jacques Chirac participait aux premiers pas de l’intervention en Afghanistan en 2001. Celle de Nicolas Sarkozy avait été la première à tirer à Benghazi, en Libye en 2011. Celle de François Hollande n’a pas hésité à secourir l’armée malienne prise de vitesse par les islamistes. En un sens, et parce qu’il s’agit ici d’Afrique, la France succède à une décennie d’interventions des Etats-Unis. L’Amérique a subi l’humiliation de ses soldats en Somalie, l’horreur de la destruction des tours jumelles du World Trade Center, l’échec de la guerre en Irak et la fatigue de l’engagement en Afghanistan. Là où Obama a opté pour une tactique de retrait et de soutien discret, aux Européens, la France part au combat, seule s’il le faut, avec les Européens, c’est encore mieux.

La France avait raison de s’engager dès vendredi au Mali. Il était temps. Mais il faudra aussi en sortir au plus vite car les risques d’engrenage sont de plus en plus réels. Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme que Paris a entrepris au Mali, mais une tentative de stopper l’expansion de l’islamisme radical armé qui descend des pays arabes vers l’Afrique. Ces groupes profitent de la faiblesse d’Etats minés par la corruption et la pauvreté, pour poursuivre leur agenda international. C’est à cela que s’oppose la France, mais peut-elle, seule, s’opposer à tout ?