Prise d'otages en Algérie: 15 étrangers dont des Français s'évadent

Quinze étrangers, dont un couple de Français, qui étaient retenus en otages par des islamistes sur un site gazier en Algérie, ont réussi à s'échapper.

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Prise d'otages en Algérie: 15 étrangers dont des Français s'évadent
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Quinze étrangers, dont un couple de Français, qui étaient retenus en otages par des islamistes sur un site gazier en Algérie, ont réussi à s'échapper, a rapporté jeudi la chaîne privée algérienne Ennahar. "Quinze étrangers dont un couple de Français ont échappé à leurs ravisseurs" au site gazier de la région d’In Amenas, dans le centre-est de l'Algérie, a rapporté la télévision. Le patron de la chaîne, Anis Rahmani, a indiqué à l'AFP que celle-ci citait une "source officielle".

De source gouvernementale algérienne, on a cependant indiqué à l'AFP qu'il était impossible dans l'état actuel des choses de pouvoir confirmer une telle information.

L'armée algérienne encerclait jeudi ce site gazier exploité par le Britannique BP, le Norvégien Statoil et l'Algérien Sonatrach.

Interrogée, l'ambassade de France s'est refusée à confirmer ces informations. A Paris, la porte-parole du gouvernement a déclaré jeudi matin que la France n'était "pas en mesure" de confirmer la présence de Français parmi les otages.

Une quarantaine d'otages étrangers seraient notamment détenus depuis mercredi sur le site par un groupe islamiste lié au réseau Al-Qaïda qui réclame notamment l'arrêt de l'intervention militaire française au Mali voisin. Les ravisseurs ont aussi réclamé le retrait de l'armée algérienne qui encerclent le site gazier.

La préfecture d'Illizi a pour sa part annoncé que 30 otages algériens avaient réussi à s'échapper jeudi matin, tandis que d'autres Algériens avaient été libérés mercredi par petits groupes, sans que leur nombre ne soit précisé.

Qui sont les preneurs d'otages ?

Le groupe qui se fait appeler les "Signataires par le sang" a revendiqué la prise d'otages, dans un communiqué publié par le site mauritanien Alakhbar. C'est le nom que l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, récemment destitué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a donné à son unité combattante.

"Nous annonçons avoir réussi une attaque de taille en réaction à la croisade menée par les forces françaises au Mali", indique-t-il. "Nous affirmons que les otages sont plus de 40 Croisés, dont 7 Américains et 2 Britanniques, parmi d'autres nationalités".

Le groupe a rendu l'Algérie, qui a autorisé le survol de son territoire aux avions français se rendant au Mali, "et les pays (d'origine) des otages responsables de tout retard dans l'accomplissement de nos conditions, dont la première est l'arrêt de cette agression contre les nôtres au Mali".

Mercredi à l'aube, les assaillants ont lancé une attaque contre un bus transportant des employés du complexe gazier d'In Amenas, exploité par le groupe britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach, à environ 1.300 kilomètres d'Alger, près de la frontière libyenne. Ils ont dû affronter l'armée et les forces de sécurité mais ont pu se retrancher dans la base-vie dont il ont pris d'assaut une partie. Des otages algériens ont ensuite été libérés.

Les assaillants ont dit être venus du Mali mais le ministre algérien de l'Intérieur a démenti en affirmant qu'ils étaient venus de la région et sembleraient vouloir "sortir du pays avec des otages, ce qui ne saurait être accepté par les autorités algériennes". Un employé du site a indiqué par téléphone à l'AFP que "les ravisseurs réclament la libération de 100 terroristes détenus en Algérie".

Les troupes françaises ont progressé mercredi vers le nord du Mali, avec des combats au sol qui constituent une nouvelle étape dans l'engagement militaire, après des raids aériens menés depuis le 11 janvier dans le centre et le nord du pays pour empêcher une avancée des islamistes vers la capitale, Bamako (sud).

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