Édito: La crise malienne internationalisée

Jour de deuil que ce jeudi, ensanglanté par la mort d’un nombre encore non confirmé d’otages sur le site gazier algérien passé la veille sous le contrôle d’islamistes dirigés par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Édito: La crise malienne internationalisée
©afp

Jour de deuil que ce jeudi, ensanglanté par la mort d’un nombre encore non confirmé d’otages sur le site gazier algérien passé la veille sous le contrôle d’islamistes dirigés par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Revendiquée comme une réponse à l’intervention militaire française au Mali, cette spectaculaire opération terroriste a vraisemblablement été mise sur pied avant cela. Serval, l’opération française, a reçu le soutien de nombreux pays et surtout des habitants du Nord-Mali occupé par les jihadistes étrangers. Ceux qui s’y sont opposés - des islamistes ou des musulmans non maliens - ont généralement fait valoir qu’il aurait fallu poursuivre "les négociations" en cours. Une position au mieux hypocrite, au pire mal informée.

Car aucune négociation n’était ouverte avec les jihadistes étrangers qui menacent le Mali et la stabilité régionale - voire plus. Seules des négociations entre Maliens ont été ouvertes, réunissant autour d’une table Bamako, les Touaregs indépendantistes et laïcs du MNLA et Ansar Dine, formé de Touaregs jihadistes oui, mais qui dépend largement, pour sa logistique, d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Il n’y avait donc pas d’alternative pacifique à l’entrée en guerre de la France.

Alger, qui avait réussi à refouler les combattants islamistes algériens au sud de ses frontières dans les années 90, a choisi jeudi le refus de négocier avec eux. Peut-on le lui reprocher tout en expliquant que la crise malienne est due au laxisme de l’ex-président malien Amani Touré face aux jihadistes ?

La prise d’otages de cette semaine, a fortiori sa tragique issue, devrait convaincre ceux qui préféraient ne pas le savoir que la crise malienne est internationale et que les jihadistes visent tous ceux qui ne partagent pas leur rêve sanglant.

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